<![CDATA[ le blog solange-sudarskis]]> http://www.solange-sudarskis.com/ fr over-blog.com RSS 2.0 Generator <![CDATA[La franc-maçonnerie est-elle une morale ou un idéal ?]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-20212581.html La question posée suppose que la FM est soit une morale, soit un idéal, comme si une morale ne pouvait pas être un idéal. En prolégomènes il convient donc de s’entendre sur la dimension à donner à la morale en franc-maçonnerie.  La notion de morale est ambivalente. v                 Au plan spirituel, la morale désigne une éthique transcendantale. Cette morale c’est celle qui habite le saint ou le héros, personnages atteignant la perfection, nous dirions un idéal. v                 Au plan social, il existe une morale coutumière, adaptée à tel lieu et à tel temps, qui est la morale des honnêtes gens dans une société donnée. Elle traduit les bonnes mœurs qu’il est souhaitable de suivre pour l’harmonie de la collectivité ; elle est à la mesure de quiconque et ne réclame aucun élan intérieur ni vertu supérieure. C’est ce minimum de morale sociale qui est exigée pour entrer en franc-maçonnerie. Aux exigences des bonnes mœurs citoyennes, la FM ajoute des exigences qui lui sont propres, et tout d’abord l’esprit du lien fraternel. Car comme l’écrit Chevillon dans « le vrai visage de la maçonnerie » L’amour prend sa source dans l’universelle fraternité des êtres appelés à une même fin. De cet amour résultent : la pitié, la miséricorde, la bonté, la charité et toutes les vertus. Par conséquent, le maçon doit déraciner en lui-même l’égoïsme et avec lui tous les vices dont il est le support, cultiver et élargir sans cesse l’amour et les vertus capables de fleurir sur cette tige embaumée. On le voit, à la morale coutumière, la FM associe une morale transcendantale, un idéal moral développé dans nos catéchismes devenus mémentos et dans nos rituels à travers questions et réponses.. Ainsi viendront, suivant les grades,  des propositions d’élévation morale. C’est une aspiration vers un état de perfection, une façon idéaliste de concevoir un futur-être pour l’initié et l’humanité, avec ses kyrielles d’utopies sous-jacentes dont le temple idéal de l’humanité. Ainsi la tradition a transmis parmi les maçons un grand nombre de préceptes relatifs aux devoirs, et dont l’ensemble forme un admirable code de morale pratique. C’est, en effet, un trésor conservé dans le patrimoine de l’institution; mais ce n’est pas un corps de doctrine. En donnant la lumière la FM n’impose pas ce qu’elle permet de voir. En prescrivant à ses adeptes d’observer le plus strictement possible les devoirs, la franc-maçonnerie s’adresse à leur probité, à leur honneur, à leurs sentiments, certaine de ne pas contrarier leurs croyances religieuses ou philosophiques. Il s'agit ainsi de promouvoir des valeurs morales et spirituelles, qui conduisent à un perfectionnement individuel sans limite, et à un idéal social. La franc­-maçonnerie se définit elle même comme un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l'allégorie au moyen de symboles. La franc-maçonnerie est donc bien une morale et un idéal. Et c’est ce que nous allons montrer. La FM  est une morale et un idéal avec sa spécificité quant à ses sources, sa finalité, son domaine et sa sanction. ©                 Quant à ses sources : Dans le vertige de la documentation, nous en retiendrons 4 : 1.      La source opérative ou corporative. Cet aspect professionnel s’exerçait à l’intérieur d’un idéal de fraternité et d’amour du prochain qui incluait des oeuvres d’assistance et de charité. Il s’épanouissait au sein de la pratique religieuse intégrale du catholicisme.  Le métier fournissait le support de l’ordre initiatique dont les rites permettent d’intégrer tous les aspects de la vie professionnelle à l’entreprise de la réalisation spirituelle. La pratique du métier prenait alors la valeur d’une ascèse véritable. En ce sens, l’opératif incluait la dimension spéculative et surtout morale. 2.      La source religieuse ou plus exactement biblique. Les plus forts de nos symboles viennent de la Bible. La FM y puise même certaines de ses légendes fondatrices et donc sous-jacente une morale judéo-chrétienne. C’est, d’ailleurs, un pasteur calviniste écossais, James Anderson, qui transmit les fondements de la maçonnerie spéculative à la future Grande Loge de Londres rapidement devenue la source et le modèle de la Franc_ maçonnerie mondiale. L’invocation par laquelle commencent les manuscrits des Old Charges, en usage au 18ème atteste la pratique catholique : Que la puissance du père du ciel avec la sagesse du fils glorieux et la bonté du St Esprit, qui sont trois personnes en une Divinité, soit avec nous. La déchristianisation de la maçonnerie, sous l’influence de la philosophie des Lumières, s’entend seulement au sens de suppression des références spécifiquement chrétiennes et de l’abandon des célébrations religieusement les fêtes de l’Ordre. Mais à regarder de plus près, la maçonnerie en Angleterre, quant à elle,  laïcise ses rituels, voire ses symboles, pour mieux accueillir de nombreux juifs et partager un minimum commun au centre de l’Union. La maçonnerie française, quant à elle, se laïcise par rassemblement des forces de « libre pensée » face au cléricalisme et aboutit en 1877 à l’abandon de toute exigence et de toute référence religieuse, si universelles soient-elles. Reste encore le courant mystique chrétien du Rite Ecossais Rectifié et son code des loges réunies et rectifié de 1778, qui règlemente ses 4 grades et qui déclare dans son chapitre X qu’ « aucun profane ne peut être reçu franc-maçon s’il ne professe la religion chrétienne. » De toute façon, la spiritualité du maçon, quelle que soit sa religion est un ésotérisme en ce qu’il se découvre dans sa propre intériorité. 3.      La source chevaleresque a imprégné profondément la maçonnerie. Plus précisément, la FMest associée à la chevalerie des ordres religieux militaires. Le discours de Ramsay le rappelle et dès 1745 l’appellation « loge de st Jean de Jérusalem » enracine la FM  dans cette tradition. Les hauts grades, qui ont fleuri au 18ème siècle, comportent encore de nombreux titres de chevalier. Le Régime Ecossais Rectifié est un véritable ordre de chevalerie. Le chevalier était principalement voué à deux devoirs : la bienfaisance et la défense de la religion chrétienne. En prononçant ses vœux, le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte s’engage et je cite : Ce n’est donc plus par l’épée que vous aurez à  défendre la sainte religion chrétienne que vous professez ; c’est avec prudence et circonspection que le Chevalier Maçon de la Cité Sainte doit la défendre par ses discours... Il la fait aimer et respecter par une tolérance douce et éclairée, par de bonnes mœurs, par une conduite régulière et par ses bons exemples. Ce qui veut dire que de telles vertus chevaleresques sont des propositions de vie pouvant être réalisées aussi par des sœurs. 4.    La source mutuelle. En l’absence de toute sécurité sociale, au 17ème siècle, des loges se créent par association d’artisans, de petits commerçants, de boutiquiers qui vont constituer des petits groupes de solidarité surtout pour se prémunir contre les cas de détresse financière. Ils se réunissent dans des lieux hospitaliers comme les auberges, le plus souvent pour y recevoir les nouveaux membres de leur confrérie. Afin de bénéficier de l’entraide, on se communique des mots, gestes et attouchements de reconnaissance. On peut lire dans un texte de lois et statuts de 1670 de la loge écossaise d’Aberdeen : Nous soussignés promettons, conformément à tous les serments que nous avons prêtés lors de notre réception au bénéfice du Mot de maçon, de prendre en charge et de soutenir le tronc maçonnique de notre loge d’Aberdeen...  Les fonds de réserve pécuniaires, leur potentialité à répondre à la misère accidentelle de leurs membres devenant insuffisants, ces loges vont se regrouper et constitueront la première Grande Loge en 1717, ce qui se fera à l’auberge « l’oie et le gril ». La franc-maçonnerie vient de naître aussi sur la nécessité de la solidarité. ©                 Quant à sa finalité : L'idéal de la franc-maçonnerie est de parfaire l'être humain en développant sa conscience morale ou sa spiritualité et de travailler au progrès de l'humanité, L’idéal chevaleresque, c’est d’abord d’aspirer à la vertu, une vertu morale et avoir un comportement, qui soit un comportement d’amour, de tolérance, d’ouverture aux autres, etc.
C’est aussi le combat que nous devons mener pour le bien, comme le chevalier d’autrefois. Ici s’exprime le sentiment d’humanisme. L’homme n’est pas, fondamentalement, solitaire, il est au contraire une relation. Comme le dit Heidegger, son être est un « être-ensemble »(Mitsein). Il y a en chacun de nous un originaire souci de l’autre, qui serait le Bien, qui fonde l’humain. La FMs’est ancrée sur cette notion de Bien et l’appelle fraternité.   ©                 Quant à son contenu : la franc-maçonnerie offre une voie spirituelle qui est une voie spécifique en dehors de tout dogme et de toute doctrine qui permet à chaque homme de poursuivre son chemin vers la Connaissance. La franc-maçonnerie propose un idéal de liberté, de tolérance et de fraternité dans le respect des opinions de chacun, laissant à l’homme une liberté de travail qui lui permet de poser son propre rythme et de reculer constamment ses limites sur le chemin de l’élévation spirituelle et morale n’acceptant aucune entrave dans sa recherche.   Les valeurs morales que véhicule la FM ne lui sont pas exclusives: connaissance de soi, amour du prochain, respect de l'autorité légalement constituée, devoir envers un Etre Suprême (pour les rites travaillant à la gloire du GADLU). Ce qui lui est particulier c’est le véhicule; c'est à dire, le rite initiatique. Ce dernier est en effet une allégorie élaborée de la vie qui engendre, chez l'initié, une profonde méditation, une perception et une action intérieure grâce auxquelles l'homme se révèle à lui-même, il dépasse ses propres limites, son soi. La connaissance de la symbolique des outils atteste que la FMveut, par leur approfondissement, permettre d’accomplir une œuvre de perfectionnement de soi en favorisant l’ouverture de la conscience. Les outils remis aux 3 premiers grades donnent une cohérence au cheminement et à la progression morale.   ©                 Quant au domaine : Le vrai travail du FM doit  être totalement désintéressé, et accompli sous l’angle du Devoir. Le Franc-maçon, en effet, ne revendique pas ses droits personnels d’homme libre et franc, sinon pour accomplir ce devoir. Car il sait bien que ses droits sont relatifs et limités, mais que son devoir est absolu et sans bornes. Aussi, le Franc-maçon doit se considérer comme un apôtre, un missionné parmi les hommes, car il doit tendre à devenir, et il doit devenir, à la fois un initié, un illuminé, un homme de coeur, de science et aussi d’action (cf Ch. Chevillon) ©                  Quant à la sanction : La Maçonnerie, neutre au point de vue religieux, ne veut pas de la Morale commune, reposant sur une crainte métaphysique, sur une récompense ou un châtiment post-mortem. Comme pour Kant, la soumission au précepte moral est d’origine interne et procède de la seule voie de la conscience. La loi morale est obéie par respect pour l’impératif catégorique qui retentit en nous-mêmes. Elle se manifeste par les vertus pratiquées. Les vertus sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien. La maçonnerie, ne tend pas seulement à créer parmi ses adeptes des personnalités, à la fois pures et fortes, elle veut illuminer, grâce aux frères et sœurs, les masses dans la mesure du possible, leur faire comprendre la justice et l’équité, le droit et le devoir, les confirmer dans la liberté par la vraie fraternité, par la caritas generis humani (amour universel du genre humain) jadis évoquée par Cicéron et les stoïciens.  Pour cela il lui faut des veilleurs et des éveilleurs. C’est pourquoi tout son enseignement converge vers l’action ; par la science spéculative la FM  conduit à la science des réalisations, son rêve c’est de construire le temple de l’humanité. En somme, la Maçonnerie est un syncrétisme des vertus cardinales héritées de la Grèce antique, des vertus théologales obvenues de la chrétienneté et des apports moraux des Lumières du 18ème siècle, mâtinés de modernité. Un rapport non moraliste à la morale. Un idéal de morale, voilà ce que propose la FM , nous dirions une philosophie humaniste. Et pour cela le FM doit être libre sinon il n’aurait pas les moyens de comprendre le devoir. En conclusion    "La Maçonnerie trouve dans ses traditions un idéal moral que nous croyons supérieur à celui des religions ; cependant, si les Maçons disaient qu'il y a parmi eux plus de vertu effective, c'est-à-dire moins de défaillances que dans un groupe quelconque d'honnêtes gens, nous serions les premiers à rire d'une si outrecuidante sottise". Pierre Tempels. ]]>
Fri, 06 Jun 2008 09:18:00 +0200 http://www.solange-sudarskis.com/article-20212581.html
<![CDATA[Etre le gardien du temple]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-7240134.html Sat, 10 Nov 2007 15:29:00 +0100 http://www.solange-sudarskis.com/article-7240134.html <![CDATA[le zéro, ce rien qui peut tant]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-7162112.html beaucoup de temps, beaucoup d’imagination et certainement une grande maturité d’esprit. Certes, au début ce concept ne fut que le synonyme de la place vide ainsi comblée. Mais on s’aperçut peu à peu, par la force de l’abstraction, que « vide » et « rien »,conçus d’abord comme des notions distinctes, étaient en réalité deux aspects d’une seule et même chose. C’est ainsi que le signe-zéro a fini par symboliser la valeur du « nombre nul ».     La graphie du zéro c’est d'abord un cercle ; elle est inspirée de la représentation de la voûte céleste. En effet le zéro se vit attribuer toute une panoplie de synonymes qui désignaient littéralement le ciel, l’espace, l’atmosphère, le firmament ou la voûte céleste (je vous fais grâce des mots en version originale). Ainsi, en sanskrit, infini, voyage sur l’eau, pied de Visnu, plénitude, infinité, achèvement, sont aussi des termes qui évoquent le zéro dans la poétique indienne de cette époque. Il en est de même pour le mot « akasha », qui évoque l’éther, le dernier et le plus subtil des cinq éléments de la philosophie hindoue, l’essence de tout ce qui est supposé incréé et éternel, l’élément qui pénètre l’immensité de l’espace, voire l’espace lui-même. L’identification de l’éther au vide ne posa pas de problème du fait qu’il était considéré comme la condition de toute expansion corporelle et le réceptacle de toute matière se manifestant sous la forme des 4 éléments (terre, eau, feu, air). Autrement dit, une fois que le zéro eut été expérimenté, on s’aperçut que le « akasha » remplissait dans l’existence un rôle majeur comparable à celui tenu par le zéro dans la numération de position, dans le calcul,  pour les mathématiques, pour les sciences et pour les techniques.   Les mots symboles du zéro, évoquant principalement les idées de ciel, d’espace, le cercle fut naturellement la première représentation graphique du zéro. Sunya chakra   Le point en fut aussi une représentation,  parce que c’est un objet sans dimension,. Sunya bindu.   Au-delà de son aspect géométrique, le bindu était pour les hindous le symbole de l’univers dans sa forme non manifesté, et donc une représentation de l’univers avant sa transformation en monde des apparences. Selon les philosophies indiennes, cet univers incréé est doté d’une énergie créatrice capable de tout engendrer : le point causal.   Le mathématicien et astronome indien Brahmagupta est le premier à définir le zéro en tant que nombre. En 628, dans un traité d'astronomie appelé le Brahma Sphuta Siddhanta, Brahmagupta (598 - 660) définira le zéro comme la soustraction d’un nombre par lui-même (N - N = 0). Brahmagupta donnera dans son ouvrage les règles des opérations effectuées avec le zéro, appelant « biens » les nombres positifs, « dettes » les nombres négatifs et le zéro[3] pour le nombre nul.   En occident,  l’introduction du zéro est consécutive à la traduction des travaux des mathématiciens musulmans, vers le 8ème siècle, notamment ceux d'al-Khwārizmī (L’algèbre ou science des équations vient du titre de son livre al-Jabr). Les chiffres arabes sont importés d'Espagne en Europe chrétienne aux environs de l'an mil par Gerbert d'Aurillac, devenu le pape Sylvestre II. Le zéro ne se généralise pas pour autant dans la vie courante, les chiffres, dits arabes, servant surtout... à marquer les jetons d'abaque de 1 à 9 ! Certains calculateurs préférèrent utiliser des jetons avec des chiffres romains ou des lettres grecques plutôt que d’utiliser les « signes diaboliques » de ces « suppôts de Satan » qu’étaient alors les Arabes. Gerbert lui-même n’échappa pas à cet esprit d’arrière-garde : on en vint à murmurer qu’il fut alchimiste et sorcier et qu’en allant goûter à la science des « infidèles Sarrazins », il avait sûrement dû vendre son âme au Diable. Grave accusation qui poursuivra le savant plusieurs siècles à tel point qu’en 1648 l’autorité pontificale jugera nécessaire de faire ouvrir le tombeau de Sylvestre II pour vérifier si les diables de l’Enfer ne l’habitaient pas encore…!   Et oui, le zéro provoqua des conflits meurtriers. Le zéro était le symbole de nouvelles théories, du rejet d’Aristote et de l’acceptation du vide et de l’infini. Les camps philosophiques  punissaient leurs traîtres. Par le bûcher chez les chrétiens, tandis qu’en Orient, au 11ème siècle, persister dans la doctrine d’Aristote entraînait la peine de mort pour les penseurs musulmans.   La chrétienté rejetait le zéro mais le commerce le réclamait.   Et ce fut Léonard de Pise, dit Fibonacci qui eut une influence déterminante. Il reste plusieurs années en Afrique du Nord et étudie auprès d'un professeur local. Il voyage également en Grèce, Égypte, Proche-Orient et confirme l'avis de Sylvestre II sur les avantages de la numération de position. En 1202, il publie le Liber Abaci, recueil qui rassemble pratiquement toutes les connaissances mathématiques de l'époque, et malgré son nom, apprend à calculer sans abaque.   Et c’est ainsi qu'avec le retour du commerce intensif, consécutif aux Croisades, que les Européens généralisent, au 12ème siècle, l'usage du zéro. Le zéro arrive, enfin, en occident. Mais comme pour les autres chiffres, le zéro fait une entrée laborieuse dans le langage mathématique. Il souffre des vestiges de la pensée de l’antiquité, mais aussi de la méfiance de l'Eglise.   Cela nous paraît si évident aujourd’hui, qu’il est plus facile d’imaginer Sisyphe heureux qu’un monde où le caractère zéro n’existerait pas.   Alors essayons de comprendre pourquoi les égyptiens, les grecs et les romains détestaient le zéro.   Les peuples de l’Antiquité avaient peur du zéro ! Peur du nombre zéro et donc de sa représentation en chiffre. Dans les Traditions les plus anciennes, le tohu bohu, vide et désordre, était la constitution primordiale du cosmos.   Symbole du Néant, du Vide Absolu, du non manifesté, du Chaos originel, le zéro inspirait l’effroi d’un monde qui pourrait retourner à son état naturel primitif.   La crainte du zéro allait plus loin encore que ce malaise face au vide. Pour les anciens, les propriétés du zéro étaient inexplicables car il ne se comporte pas comme les autres nombres. Au royaume des nombres, des lois s’imposent à tous, sauf à zéro.   Additionnez un nombre avec lui-même, il change : 1 + 1 = 2 ; mais 0 + 0 = 0.                    Non seulement le zéro refuse de grandir mais il empêche les autres nombres de grandir : 1 + 0 = 1. Zéro nie les jeux de l’addition et de la soustraction (1 – 0 = 1).   Et surtout, ce nombre sans substance réussit à saper les plus simples calculs, comme ceux de la multiplication et de la division.   Zéro multiplié par n’importe quoi donnera toujours zéro. Ce nombre infernal télescope la ligne des nombres en un seul point. Il anéantit les nombres en les retirant à l’existence, pour en faire du rien, du vide. Multiplier une valeur par zéro revient à retirer cette valeur d’elle-même : 0 x N = N – N = 0   Des choses encore plus étranges apparaissent dans la division par zéro : Elle est un non-sens.  Si l’on s’obstine à diviser par zéro, on détruit toutes les fondations de la logique et des mathématiques.   Plus que vous soumettre à une épreuve de mathématique, je souhaiterai vous amuser avec une apagogie (démonstration par l’absurde).   Prenons a et b tel que a = b = 1   Nous pouvons écrire que  a2 = a2   Nous pouvons aussi écrire que  b2 = ab   En soustrayant les deux équations cela donne  a2  -  b2  =  a2  - ab   Une classique mise en facteur nous donne :    (a + b) (a – b) = a (a – b)   Divisons chaque côté par (a - b) ; (c'est-à-dire divisons par zéro), on obtient  a + b = a.   En ôtant a de chaque côté, l’équation  devient b = 0 et donc avec b = 1  Þ 1 = 0 !!    Quelque soit la valeur de b, nous pouvons ainsi montrer que 1 ou 20 ou 1983 sont égaux à zéro!!!! Que celui qui a 2 bras et 2 jambes n’a pas de bras!!!   Diviser par zéro détruit la charpente des mathématiques. Souvenons nous de ce que l’on appelle le domaine de définition ou l’existence d’une courbe : un monde dans lequel on exclut la division par zéro. Un des premiers ordinateurs, grilla toutes ses ampoules, s’extermina en somme, parce qu’on lui demanda d’effectuer un calcul dans lequel lui fut soumis une division par zéro.   Ainsi le zéro est puissant parce qu'il triomphe des autres chiffres, rend folles les divisions. Il est le frère jumeau de l'infini.   C’est en tant que représentation du vide que le zéro fut rejeté par la pensée grecque. Pour Aristote, il n’y a rien qui soit rien, rien ne naît de rien,  il n’y a pas de vide. Le cosmos est "prisonnier" dans des sphères de différentes tailles qui émettent de la musique : l'harmonie des sphères.    Ce n’est pas l’ignorance qui conduisit les grecs à rejeter le zéro mais leur philosophie. Le zéro était en conflit avec leur croyance fondamentale. Au cœur de leur philosophie, le point le plus important tenait dans cette révélation : tout est nombre. Et c’est en géométrie et en termes de relations des nombres que se posaient les grands problèmes de l’époque.  Dans les ratios, le zéro est un nombre qui n’a aucun sens. Le zéro creusait un gouffre dans l’ordonnancement de l’univers pythagoricien ; il ne fut donc pas toléré. (Un autre concept dérangeant, le nombre irrationnel Ö2)     L’univers grec, créé, notamment par Pythagore et Aristote survécut, dans la pensée occidentale médiévale. Pour eux, tout l’univers était réglé par des proportions et des figures géométriques. Le cosmos était fini et entièrement rempli de matière. Il n’y avait pas d’infinité, il n’y avait pas de zéro. Cette manière de penser avait une autre conséquence - ce qui explique pourquoi la philosophie d’Aristote perdura si longtemps. Son système prouvait l’existence de Dieu.   Dans leur quête de sagesse, les érudits médiévaux ne se tournaient pas vers leurs pairs, mais vers les Anciens, vers les néoplatoniciens et surtout vers Aristote. Ce que je retiens de l’œuvre d’Aristote, c’est une espèce d’encyclopédie présentant ses observations, dans des domaines du ciel et de la terre, l’astronomie, la physique, la biologie, qui pose en toute chose le questionnement du « pourquoi cela existe » et qui conclut à chaque fois par l’éternité en soi des choses subordonnée à une énergie initiale créatrice : Dieu. Il affirmait de plus que la terre était unique et au centre de l’univers   Au 13ème siècle Thomas d’Aquin christianisa cette théologie[4]. L’enseignement du « Docteur Angélique » sera retenu comme la plus solide, la plus sûre  et la plus sobre des doctrines catholiques.   Les penseurs considéraient le vide comme … le diable, et le diable comme le vide!   Pour cette raison, l’Occident ne put accepter le zéro jusqu’au 16ème siècle. Les conséquences en furent un ralentissement des progrès en mathématiques et un étouffement des innovations scientifiques.   Le point de fuite dans la peinture de Brunelleschi, cette singularité qui ramasse l’univers dans un espace minuscule et donne la perspective, le système cartésien, les expériences de Pascal sur le vide, le calcul différentiel de Newton, les mesures quantiques de Planck participèrent, depuis, au triomphe du zéro.     Alors, aujourd’hui, la question essentielle du zéro peut se ramener à ceci : comment du zéro, du rien est sorti quelque chose. Si on vous demande qu’est-ce qui vous intrigue dans la cosmologie, vous pourriez répondre : La réponse est dissimulée dans la question : « l’intrigue » !   A quel genre d’intrigue doit-on alors s’attendre en étudiant la cosmologie ? Un numéro du Scientific American en propose une excellente : comment peut-on comprendre la succession des phénomènes survenus pendant l’âge sombre de l’Univers, avant son passage de l’opacité du néant à la transparence de la création? Comme nous ne disposons pas de données observationnelles pour cette période, comment peut-on aussi rétablir cette chronologie ? Et bien c’est grâce au zéro !   L’Univers est-il éternel ? Existe-t-il depuis toujours ou, au contraire, a-t-il eu un commencement ? Et dans ce cas, y avait-il « quelque chose » avant sa naissance ? Ces questions, les physiciens les connaissent depuis longtemps, mais les redoutent : ils savent combien il est difficile, voire impossible, d’y répondre.   C’est à une longueur extrême (d’une taille de 10 -33 centimètres, la plus petite longueur physique qui puisse exister) appelée « le mur de Planck » que la cosmologie moderne fait démarrer le Big Bang et la fantastique expansion qui a dispersé la matière, marquant l’origine physique de l’Univers.   Or, pour la première fois, grâce à des instruments mathématiques très puissants que l’on appelle les « groupes quantiques », il devient possible de lever un coin du voile « avant » le Big Bang, sur le mystère originel de l’Univers. Dans l’abîme vertigineux qui commence derrière le mur de Planck, au cœur des ténèbres, les calculs montrent qu’à cette époque, où rien de ce qui nous est familier n’existait encore, une sorte de « tempête » primordiale faisait ployer la gravitation, mélangeait l’espace et le temps eux-mêmes en d’effroyables tourbillons. Cette immense tempête se déchaînait à l’aube des temps, entre l’instant zéro et l’ère de Planck ; elle déferlait sur tout le « paysage » primitif de ce qui n’était pas encore le monde. Si nous avions pu assister à ce qui se passait à cette lointaine époque, nous aurions « vu » une sorte d’océan immense rouge et bleu sombre, creusé de vagues violettes, d’écumes et de tourbillons. Dans ce monde-là, nous n’aurions fait aucune différence entre le futur et le passé, et nous aurions été incapables d’évaluer la moindre distance dans l’espace. Par exemple, il deviendrait impossible de donner rendez-vous à un ami : en imaginant qu’il soit juste devant vous, l’instant suivant il se trouverait à 1000 kilomètres ; et au lieu d’être « stable dans le temps », il surgirait soudain dans le passé ou dans l’avenir, de façon totalement imprévisible.   Pourquoi ces incroyables phénomènes ?   Parce que « là-bas », ce qu’on appelle notre « métrique », c’est-à-dire ce qui nous permet de mesurer les choses et de distinguer naturellement le temps de l’espace, n’est plus valide. A l’échelle de Planck et en deçà, le temps et l’espace « fluctuent », se déforment, se trouvent superposés pour finalement former un mélange complexe impossible à concevoir. Les photos, prises par la sonde W.m.a.p., qui ont permis de réaliser la première carte complète du fond diffus cosmologique, sont les premières confirmations de ces fluctuations primordiales de l’espace-temps[5].   Mais y a-t-il encore un autre monde « en dessous » du monde quantique ? Un univers « plus petit que tout » et qui aurait une taille nulle ? Ce monde-là, ce troisième monde, existe bel et bien au-delà de la tempête quantique, tout au fond du cône de lumière. Là-bas, la matière, l’énergie, toutes les forces qui nous sont familières ont disparu. C’est le point zéro de l’Univers. Ce point mystérieux qui, au début du 20ème siècle, avait hanté Einstein et le mathématicien russe Alexandre Friedmann, l’inventeur du Big Bang. Depuis les années 70, l’existence de ce qu’on appelle aujourd’hui la« singularité initiale » a été prouvée par Stephen Hawking, de l’université de Cambridge, et Roger Penrose, de l’université d’Oxford. Sans dimension, hors du temps, la singularité à l’origine de notre Univers représente un état d’information pure. Invariant, immuable, reflet de l’ordre le plus élevé que puisse concevoir l’esprit humain, ce point fantastique ne peut être décrit que par ce que les mathématiciens appellent un « invariant topologique ». En imaginant, encore une fois, que nous puissions nous rendre sur ce point zéro, ce que nous verrions alors serait très surprenant. Nous serions d’abord sidérés par le silence absolu. Ce monde très étrange nous paraîtrait totalement figé, immobile comme pour l’éternité.   En fait, au point zéro, il n’y a plus de forces, plus d’énergie, plus de matière, et même plus d’espace ni de temps. Il ne reste qu’une seule et ultime chose : une information. Cette même information dont Stephen Hawking reconnaissait l’existence au fond des trous noirs. Contrairement à ce qui se passe chez nous, le temps à l’origine ne s’écoule plus : il est « figé ». Plus exactement, comme l’indiquent les équations d’Einstein, sous l’action de la gravitation alors immense, le temps qui nous est familier n’est plus réel (comme chez nous, avec un avant et un après), mais purement imaginaire (au sens que les mathématiciens donnent à ce mot : au point zéro, en raison de la courbure infinie, la droite du temps réel a pivoté de 90 degrés dans le plan complexe et est désormais imaginaire). Ce temps étrange, sans avant ni après, ne peut donc plus se comprendre comme marquant une évolution des événements en mouvement, mais comme portant une information étendue sur une réalité globale et immuable. C’est dans ce sens que ce monde-là n’est pas encore un monde d’énergie : c’est une essence mathématique.   Tout ceci est tellement éloigné de notre expérience et même de nos intuitions les plus folles qu’il nous semble difficile d’y croire. Et pourtant, la « réalité » de cet univers commence aujourd’hui à être décelée à la faveur de deux théories toutes récentes :   la théorie des groupes quantiques et la théorie topologique des champs. Grâce à ces deux approches, il nous devient progressivement possible de mieux comprendre la nature profonde de ce qui peut exister au temps de Planck. Les groupes quantiques, ces algèbres « déformées » comparables à une sorte de « loupe » qui viendrait agrandir la surface d’une page écrite pour mieux en distinguer les détails, nous ont permis de plonger au cœur du Big Bang et de traverser la barrière d’énergie qui surgit au mur de Planck. Et derrière ce mur, la théorie topologique des champs - qui ne « mesure » plus l’évolution d’un système en temps réel mais en temps imaginaire pur - nous a permis de « voir » la réalité ultime de la fantastique information qui précède notre univers physique.   Finalement, l’idée d’une information mathématique à l’origine des choses nous est proche, étrangement familière : la graine minuscule ne contient-elle pas toute l’information nécessaire au développement d’un arbre gigantesque ? Un être humain n’exprime-t-il pas, dans toute sa complexité, une information génétique seulement visible au microscope ? De même qu’il existe un « code génétique » à l’origine des êtres vivants, nous pourrions imaginer un « code mathématique » à l’origine de l’Univers tout entier. Et si le cosmos qui nous entoure a bien un sens, alors c’est que - peut-être - il contient en lui, dès l’origine, une information incroyablement complexe, une essence non physique qui le travaille, l’oriente, le réalise. Et c’est peut-être ce qui a fait dire au physicien Neil Turok, l’un des plus proches collaborateurs de Stephen Hawking, « l’Univers tout entier a jailli, de manière splendide, d’une seule et unique formule", d’un code mathématique engendrant la Création.   Alors le zéro, ce rien ne peut-il pas tout ? Parce que si un tel code mathématique existe, forcément  il est enfoui dans le zéro.  
[1] Taille, coche échantillon. [2] Il y a 5000 ans les égyptiens utilisaient un bâton vertical pour l’unité, un os de talon pour 10, une lanière ondulante pour 100… [3] - Zéro soustrait d’une dette est une dette.
- Zéro soustrait d’un bien est un bien.
- Zéro soustrait de zéro est zéro.
- Une dette soustraite de zéro est un bien.
- Un bien soustrait de zéro est une dette.
- Le produit de zéro multiplié par une dette ou un bien est zéro.
- Le produit de zéro multiplié par zéro est zéro.
- Le produit ou le quotient de deux biens est un bien.
- Le produit ou le quotient de deux dettes est un bien.
- Le produit ou le quotient d'une dette et d’un bien est une dette.

    [4] Dans « Les commentaires philosophiques sur Aristote » ]]>
Fri, 05 Oct 2007 16:58:29 +0200 http://www.solange-sudarskis.com/article-7162112.html
<![CDATA[Le Retour]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-7067455.html Mon, 27 Aug 2007 16:35:42 +0200 http://www.solange-sudarskis.com/article-7067455.html <![CDATA[L'assomption du Maître]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-6778415.html
  • le tableau de loge du maître
  • ·         Le symbolisme ontologique du Temple de Salomon. ·         L’acacia. ·         Les outils utilisés pour tuer HiRaM. ·         La portée spirituelle du mot du Maître qui t’a été révélé avec ton élévation et son origine à travers les textes anciens de la franc-maçonnerie. ·         La résurrection, la réincarnation, la mort symbolique. ·         L’énigme d’Hiram et de son meurtre, le mystère de son nom et les raisons de ce choix avec l’outil du QQOQCP des analystes qui pose de bons jalons méthodologiques d’approche. ·         Et d’autres thèmes d’étude vers lesquels ta spiritualité te portera…  « En ce jour d’assomption, les cieux ont reçu la bienheureuse Vierge avec joie. Les Anges se réjouissent, les Archanges jubilent, les Trônes s'animent, les Dominations la célèbrent dans les cantiques, les Principautés unissent leurs voix, les Puissances accompagnent de leurs instruments de musique, les Chérubins et les Séraphins entonnent des hymnes.» A l’image des entités célestes, que nos acclamations exaltent notre allégresse à l’avènement de notre nouveau maître.                ]]>
    Mon, 11 Jun 2007 12:04:35 +0200 http://www.solange-sudarskis.com/article-6778415.html
    <![CDATA[Initiatude]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-5745664.html Thu, 22 Feb 2007 09:46:27 +0100 http://www.solange-sudarskis.com/article-5745664.html <![CDATA[Terres de Sudar (fin)]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-5338008.html Sun, 21 Jan 2007 11:17:50 +0100 http://www.solange-sudarskis.com/article-5338008.html <![CDATA[Tu (en fin)]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-5337956.html J’ai même cesser de lire. J’ai peur de trouver des mots qui font saigner, des signes d’un monde qui se refuserait à ma folie. Je n’écris pas même, je veux penser à toi. Je ne peux pas ne pas penser à toi et cela est si violent que j’en ai des vertiges. Ouvrir les yeux m’évanouit. Je suis sur mon "rocher d’amour". J’y suis revenue comme vers un talisman, j’ai remis mon pull suaire pour raviver mon deuil et attendre malgré tout que tu rappelles, que tu te rappelles au point de ne pas avoir le courage de ne pas téléphoner. Désespérée de l’oubli qui vient déjà, être morte en toi et cependant vivante que de toi comme si je m’en obligeait. Que fais-tu maintenant ? Où seras-tu ce soir, demain cette nuit ? Hier à cette heure tu m’appelais, hier, avant, déjà autrefois, il y a presque longtemps, le passé s’éloigne, repoussé vers les souvenirs mutilés d’avenir. Il n’y a plus d’attentes autorisées et ce sang si épais qu’il fait mal à chaque battement de cil, qui voudrait encore un peu tant qu’à finir, encore un peu ; avant plus rien. Plus rien ! On ne saurait l’imaginer. C’est comme si on préférait des coquilles d’œuf plutôt que des coquilles St Jacques façon Pradeau, comme si l’eau venait à manquer, comme si je renaissais intouchable en Indes, comme si le con qui me drague depuis une demi-heure pouvait se métamorphoser en Elie, comme si D. n’existait pas. Moi sans toi c’est indécent. Dis moi encore l’inconsolable ! raconte moi comment ce fut nous deux, évoque moi, pour nourrir ma douleur, tout ce qui valait cette peine. Ne t’arrête pas tout de suite de souffrir, tu effacerais tes propres mots d’amour d’alors. Je voudrais mille morts de chagrin pour que chacune te souvienne des mille joies, des mille plaisirs. Je voudrais que tu saches dans quel précipice je suis parce qu’avec toi ce fut l’acmé. Je n’ai pas un soupir de regret de la turbulence où je suis, où je me suis mise, elle me dit combien je t’aime encore. Dans le crépitement des mimosas, ces fleurs acides et suaves, bruyantes de leur multitude, un peu sottes de ne valoir qu’avec d’autres, incapables de solitude à moins de n’être qu’un point jaune, dans leur sociabilité, je retrouve cette branche que tu m’as apportée, rameau que l’on pose en franc-maçonnerie sur les cercueils. Etre parmi les autres , même mourir, cela je n’en ai pas envie, je ne suis plus parmi nous. Sais-tu que nous avons tout le reste et le reste est immense. Alors commençons à le découvrir, il nous reste si peu de temps. C’est dans le reste que je  vais te chercher. Les cieux attendront.
    La nuit est devenue mon château et tu en es le suzerain. De tourelles en souvenirs, je glisse ton ombre sur mon corps et tu progresses sur ma peau. Je veux me sentir brûler à ma propre soumission, j’ai l’orgueil sauvage de l’esclave qui joui de l’émotion du maître. Je me souviens. Tu fus mon maître Rien de moi sans toi, rien d toi… je ne puis finir la phrase. Il n’y a pas d miroir pour la symétrie mais l’absence et elle absorbe comme du noir le crénelage de mes alentours. Quelle peut-être l’espérance de ce qui est vécu sur une terre étrangère. Ni chez moi, ni chez toi, l’accueil est éphémère, volé, effacé, il ne reste que les espaces intérieurs, confinés et cependant sublimes de promission. Nous avons partagé l’éblouissement, cela devrait me suffire n’est-ce pas ? Mais l’image du miroir s’éloigne et réfléchit plus que jamais toutes tes fuites : mes humiliations. Tu m’as appris à être sans crainte. J’avais cru pouvoir être telle que j’étais dans mon corps, dans nos corps à cœur, dans mes mots que je n’avais entendus prononcer comme ils le furent pour toi et j’écoutais les tiens qui, même lorsqu’ils disaient ton amour me semblaient inédits, nouveaux, de la vie pure et nouvelle. Nous étions si beaux emmêlés dans nos attentes, dans nos salives, dans nos liqueurs de cattlaya. Mais je n’ai jamais pu m’abreuver au rassasiement. A chaque fois, il fallait nettoyer, me faire disparaître, m’éloigner de tout ce que ta femme pouvait soupçonner. Je crois qu’il n’y a pas eu de commencement à nous deux. Je ne t’ai évité qu’un inceste sur ta propre fille et cela je l’ai compris, trop tard, quand tu m’as raconté son désir de toi qu’elle t’avait confié et qui t’avait tant ému… J’ai failli devenir rauque, grave, pénible, lourde par ignorance! L’œuvre de mort ricane mais j’ai de la chance. J’aurais pu être avec des hommes pour le pouvoir ou pour de l’argent. Je les ai fréquentés pour mon plaisir. Mais tous mes détours, toutes mes erreurs, toutes mes attentes m’ont conduite vers toi et le monde était achevé pour moi quand je t’ai rencontré. Là tout azurait pu s’arrêter. Pourquoi t’avoir trouvé que pour te refuser. Je pratique l’esquive quand arrive enfin ce que j’espérais, depuis mon baiser d’adolescente. J’avais besoin de toi, mais tu ne savais pas me rassurer. Tu as failli à chaque appel. Il y a les rôles de l’intimité et puis les cache-cache et la duplicité et ma mort rituel, cauchemar au grand jour du quotidien. Tu m’as immolée à la condition familiale. La vie sans toi n’est pas une vie, mais la vie avec toi est un vie sans toi. Alors il me faut devenir aveugle pour ne plus rien voir où tu ne sois. Il me faut apprendre, comme une mal-née, à vivre seulement pour attendre de mourir. Tu m’as lassée de toutes les tentatives de bonheur. Je redeviens aiguë et sauvage, je percerai chaque silence, chaque source d’émotion, chaque sanglot du triomphe de l’ombre et de l’oubli. je ne dormirai plus dans ce temps de promenade où nous avons rêvé ensemble au-delà des bornes de la parole et du silence. Te choisir donnait à mon existence toute sa singularité, te choisir c’était te donner ma préférence, en tout cas l’échanger contre la tienne. marché de dupe ! Jamais plus je ne pourrai me griser du sentiment de maîtriser mon destin. Si tu n’as pu me faire tout le bien que je souhaitais, ne crois pas cependant que tu m’en ferais tout le mal en me rejetant à corps perdu vers la frénésie de la chair. Il y a plus de lubricité à se réserver qu’à se donner. Je me refuse à voler la vie, je n’en veux que son envol et rouler dans l’azur avec la joie des autres. Je voulais transformer ta vie en ciel et je me suis retrouvée traversant l’enfer dans tous les "en-attendant" où tu m’obligeais à me cacher. Surtout ne pas gémir, ne pas se rétrécir, réinventer le plaisir de vivre, continuer à sourire et surtout retrouver la joyeuseté à tout. Même le soleil qui ne compte plus et pourtant d’un revers de la main, je détourne ma vie, pffittt….. Peu importe Tout sera à nouveau exactement.  
    Comme le nom imprononçable de D., il y a un autre mot qui ne se prononce pas, non pas par interdiction mais par impossibilité. De même que le mystère-dieu ne peut se réduire à un mot qui le définirait, de même le mot de la jouissance ne s’épuise pas dans une définition. La jouissance, cette énergie de l’inconscient ne peut se coaguler d’un dit qui par sa fixité annulerait la dimension de ce qui est à dire. Le mot de substitution de l’UN est Adonaï, la porte du moi, celui de l’Autre, Chakhov*, ce mot prétend aussi à être ce qui est en relation avec les 22 lettres*, avec la parole potentielle, avec un dire infini, non pas parole dite mais à dire.. Mon désir n’est pas dans mes lettres, dans tout ce que je t’es déjà dit, même s’il y fut, il est dans ce qui n’est pas encore écrit, pas encore dit. Quand furent comptés les hébreux, pendant l’Exode, chacun dut donner un demi-sicle d’argent. Avec le prix du dénombrement on construisit le michkané dont les socles en argent furent fabriqués avec une partie de la masse du métal. L’argent, kessef, c’est aussi du désir dans lequel se fondent les adné, la porte du moi où D. fait effraction dans son nom de substitution : libido, ergo sum. Les colonnes, amoud (aleph, mem, daleth), qui soutinrent les voiles de l’écrin de l’Arche d’Alliance, faites avec le complément de l’argent du compte, c’est la fête commémorative, c’est une mémoire collective, c’est madona (mem, aleph, daleth), le "pourquoi ?", le questionnement. Alors c’est aussi mes pleurs qui sont des questions adressées à la douleur, sanglotés au souvenir de la shékhina , qui en rejoignant sa michkané était parmi nous, en nous, en moi. Le don d’un demi-sicle, ce désir d’être, d’être existant la tête relevée comme cela fut demandé de procéder, ce demi-sicle nous propose d’être debout, humain, unique, de compter pour, de refuser l’indifférence, capable de construire le questionnement qui brise le définitif du destin pour ouvrir l’infinitif de l’existence souchée sur le désir reconnu comme tel, jusque dans son impossible à dire ou du moins dans son interminable à dire*. Ma parole est interrogeante de ton désir. C’est un vide préalable, véritable face à face qui ne vise aucune affirmation, tremblante de l’incertitude de la réponse. Désistée de moi-même pour laisser place à l’authenticité de tes prores questions, pour entendre au-delà de mon attente, ce qui est advenu, à-venir de toi. Je ne suis plus une réponse en toi, je ne réponds pas à ta place sur mon questionnement, je ne vole pas ta parole, je n’impose pas une réponse à mon désir, je n’envahis pas avec ma parole ton histoire, j’écoute donc ton silence. J’ai voulu me rassurer en m’échouant dans une répétition de l’identique tant je ne pouvais m’abreuver de ce qui me semblait si délicieux. J’oubliais que le nom-dieu, Achem, c’est un nom-question qui défait l’âme et l’ouvre à un autrement-être incessant, sans repos. "Le nom-question est un mot extraordinaire, le seul qui n’éteigne ni n’absorbe son d ire mais qui ne peut rester simple mot"*. Le mot désir interroge D. : Kessef Madona (Adonaï). L’homme-question est un dieu déployé, en devenir ! Alors dis moi ? Ne me refuse pas d le dire, ne me fais pas violence de stériliser et de figer notre passé. Nous avons fait, nous faisons choix de certaines significations forgées par nos vécus et elles vivent de façon différente en chacun de nous ? Il n’y a dans notre histoire ni commencement, ni fin par rapport à la vie qui est une linéarité dont les tenants et les aboutissements sont en devenir, nous en sommes toujours à son milieu. Il y a, dans notre histoire, des souvenirs, qui s’articulant dans le temps, construisent de la reconnaissance d’événements faits d’attente, de passages, de rencontres. Comprendre notre histoire, toutes ses histoires, c’est comprendre pourquoi les articulations de notre vie ont suivi ce temps là et pas un autre. "La maladie est une situation prison qui s’explique en deux adverbes : uniquement et toujours. J’ai été malade de toi et comme remède tu m’as renvoyé le rien, le ayin, le ani, le je. Tu te fais de plus en plus transparent au point de n’avoir ni résistance, ni opacité, je te traverse sans te rencontrer. Tu n’es plus. Il n’y a même plus autre chose et comment ce vide pourrait être encore lieu d’une inscription pour l’avènement de quelque chose de nouveau. Quand je te demande : invente-nous, refais une relation qui puisse nous renouer, tu réponds : je n’ai pas d’imagination et j’entends : je suis incapable d’aimer. J’ai halluciné ce que nous avons été. Je le sais maintenant. J’ai versé sur toi des absolus inachevés, des rêves si vrais et si tu rêvais c’est parce que je rêvais pour toi. Tous tes frissons n’étaient que mes frissons. Je t’ai fait des heures embaumées et ta folie n’était que la mienne. Tu n’as jamais été aussi bau que par la magie du commencement de l'infini auquel j'ai cru que tu pourrais ressembler. Las ! la réalité mortifère n’est qu’un agacement de rien et tous les voiles d mensonges jetés sur tes troubles jeux te rendent-ils plus vrai, moins trouble. "Sois méfiant, la peur est la meilleure sécurité" pourrais-tu dire, alors méfies toi de la mort ; il te reste heureusement le temps qui passe sans grincements articulés sur l’habitude momifiante. J’ai relu ces lettres que je te lisais au " Bonheur" pour te donner envie de moi, en germe de nous. Elles sont semblables à celles que je t’ai écrites ! Pour toi ou pour un autre, le désir, ce fut l’apprentissage incessant du présent avec la conscience aiguë qu’adulte ou adultère, adulé, c’est un –a- privatif de mon enfance, c’est l’a-mortalité, l’a-moralité, mais c’est la vie à combler d’elle-même. C’est mon regard qui cherche à se poser sur l’autre pour qu’il me renvoie un peu d’ombre afin de rafraîchir tout cet amour à donner qui me brûle et me consume. J’ai mis en place un sevrage, une coupure pour être autre, pour espérer ressusciter d’entre les morts, diantre les mots, dis entre les maux. C’est pour une terre à promettre que je me suis détournée d’une situation close sur mon effacement dans ces jours-palimpsestes. Pour guérir j’ai fui à Samarcande, "Tu" m’y attendait déjà.
    Post-face   Par delà la ressemblance qui a rassemblé des mots, des tournures, des expressions culturelles grappillées dans des lectures  certainement communes, il y a effectivement identification entre ce texte et moi.   mon discours amoureux est comme pour elle :     ·          Mon amour, ma passion, c’est tout pour moi, c’est pour tout mon être : aspirer à s’oublier, à se perdre, à s’abîmer dans l’intensité d’un sentiment qui transcendait l’angoisse, l’inexorable réalité de la mort, de la solitude, de la séparation. Ma mère m’a allaitée jusqu’à 2 ans !   ·          Mon amour ne peut se manifester pleinement que lorsque j’ai le sentiment que je compte plus que quiconque. Toutes ces lettres c’est la descente et la remontée du sentiment passionnel transfiguré enfin par sa confrontation à l’absolu, à cette mort qui devient non plus le contraire de la vie mais bien le contraire de l’amour, cette mort qui emmène l’autre vers l’indifférence radicale.   ·          Mon amour confine au mysticisme puisé aux sources primitives et archétypales où l’objet d’amour est magnifié et sublimé en le plongeant dans l’espace-temps infini.   ·          Mon amour est un narcissisme qui pour me séduire moi-même comble l’autre de ce qui lui manque et je le fais surtout par crainte que le prétexte-amant ne réussisse pas à être aussi réel que mon attente d’homme. "Alors pour ne pas voir son manque de romantisme, de folie, de générosité, je me jette de la poudre aux yeux pour ne plus le voir tel qu’il est mais tel qu’il est embrasé de mon reflet".   ·      Mon amour est une quête impossible qui ne s’annonce que devant la mort et ne s’achève que par la mémoire solitaire d’un seul survivant.       Cette histoire reste celle d’un couple "insatisfaisant d’exigence illimitée et d’un amour humainement limité
    * être couché près de * de l’alphabet hébreu * merci Marc Alain Ouaknin de m’inspirer ces réflexions * Emmanuel Lévinas ]]>
    Sun, 21 Jan 2007 11:13:21 +0100 http://www.solange-sudarskis.com/article-5337956.html
    <![CDATA[Terres de Sudar]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-5337567.html Sun, 21 Jan 2007 10:40:05 +0100 http://www.solange-sudarskis.com/article-5337567.html <![CDATA[Tu (et encore)]]> http://www.solange-sudarskis.com/article-5337453.html Un jour perdu, éperdu                         Chaque découverte se solde immédiatement par un enfouissement du double du trésor mis à jour. Les visions courent et reviennent - elles sont fugaces - il est si dangereux de rester dans un lieu de splendeurs.                   Que signifie le point voyelle HOLEM ? Il est répondu : c'est l'âme et son nom est Holem (rêveur) ; si tu lui obéis, tu guériras ton corps dans le temps à venir. Mais si tu te révoltes conte elle, tu tomberas malade et elle aussi.       "chaque rêve est dans le domaine du HOLEM" Ex 28, 19       Comment coïncider avec ma propre décision, en évacuant le superflu, en créant mon propre espace où l'énergie devient visible à l'état pur sous forme d'amour. mais il y a le cadre strict de ton "exploitation de situation" où doit se limiter la dynamique du tout amour. Cette nécessité me construit autre ; je suis à la porte. Je suis devant ou derrière daleth*, venant du nord ou du sud, du mal ou du bien ? "Ceci se compare à un roi qui avait un trône. Tantôt il le soulevait pour le prendre dans ses bras et tantôt le mettait sur sa tête. Pourquoi cela ? Parce que le trône était beau et c'était dommage de s'asseoir dessus."                   Tu es mon lien, de plus en plus resserré entre ma vie et moi. A chaque rencontre son mouvement rompt avec ce qui précède pour aller plus loin. Emanciper les jours de leur convention, de leurs anciennes fonctions, renaître à ce que nous sommes, je m'y emploie. Tu es ultime, je le veux : pour pouvoir t'aimer exactement et ne plus vouloir rien d'autre que toi au milieu de moi. Tu déferles et je suis renversée, tu déverses ton souvenir comme une coulure de couleurs, tu m'obstines et je veux aller jusqu'au bout de cette sensation même si je ne sais pas où cela peut mener; à moins qu'il n'y ait plus rien à faire surgir d'un virtuel je/tu. Reste-t-il autre chose à reconnaître, à re-co-naître ? Ne reste-t-il qu'à nous répéter ? Où est ce point d'harmonie toujours menacé, au bord de la discordance, entre l'espoir et le regret au nord ou au sud ?             Je suis intacte; mon véritable matériau, le désir d'aimer est intact et tu glisses sur ce désir. Ton visage qui illuminent mes mains qui le retiennent, ton regard diasporique où se glissent le tremblement et la douceur de la compassion, tes lèvres qui métamorphosent mes baisers en temps édéniques. Je regarde mes souvenirs et nous sommes enlacés, immobiles et surpris d'être mêlés, d'être l'autre sans plus savoir comment reprendre corps dans la réalité sans le corps de l'autre, une sorte d'ivresse d bonheur secret, quelque chose qui ne cesse de me rattraper, de me tourmenter en m'accomplissant de bien-être. Soupir! La ferveur a des contre points, des réductions d'intervalles, des reversions de mélodie et se délice et puis le cœur s'agite et se saccade plus fort. Tu es là. J'ai senti ton souffle sur ma nuque. Juste un mot pour reposer et m'adonner à mon rôle de mère                   Toi, toi, ô toi, que ne suis-je que moi !      
    Quelques faits, quelques lectures plus tard;             Antonia S.Byatt dit : "Je suis persuadée que les mots sont plus vifs que les vivants. Eux, au moins, ont le pouvoir de ressusciter les mondes anciens, oubliés ou perdus. Je crois aussi que l'imagination est une forme suprême de la connaissance. Les mots sont des faits qu'il faut traiter avec précision  et respect ; oui, je crois à la vie du langage."                   C'est avec les mots que je rétrécis le temps, ce temps qui me ronge, qui m'habite, du dedans et à l'intérieur duquel je suis pourtant. Je suis à quelques heures de toi et cela me semble encore plus loin que l'espace qui nous sépare. Pourtant quand tu es à Lyon, ce n'est pas que je sois plus près, tu es à la portée du temps, à moins longtemps, pour nous retrouver. Je suis dans l'hésitation de l'espace entre ton absence et ton retour. Tu me manques. Il me manques surtout les mots pour le percevoir complètement mais je le sens physiquement. Cela m'imprègne et je respire ce besoin de toi au rythme même de la lumière, à sa palpitation qui abolit ma vie et ses jours, entre aurore et obscurités, dévorés par le temps où tu n'es pas avec moi. Irrémédiable et viscérale passion. Les heures qui m'ont engourdie, insensible et résignée, j'attends. Je suis dans une sorte de radicale et définitive absence d'intérêt en dehors de toi. Je me contente d'attendre, de nourrir cette attente, patiemment, suspendue avec le vertige que tu imagines,  au-dessus d'un vide. Je voudrai écrire lorsque je suis avec toi, pour que mes mots soient moins nostalgiques, moins mélancoliques, pour que les mots soient plus vifs que les vivants…                   Je voudrai écrire, avec toi pour me tenir la plume, dans ton regard, pour oublier de ne retenir que la souffrance, fut-elle délicieuse.             Au ruisseau de ta source, encore ce mot qui suspend le tissage du linceul       L'un/seule.      
    9 h 1/4 lundi                         Absorbée par la vacuité, dans la germination de tant de souvenirs. Je suis au bord de l'enlacement à ton corps nu, peau contre peau, sang battant, salive et souffle mêlés dans les éclats de chair dénudée sous le parfum qui met le feu au visage et tiédit l'âme. c'est une fièvre de baisers, charnelle et notre élan nous emporte jusqu'à mon royaume clandestin. Ivresse et vertige, caresse et morsure, brasier renversant les lits-tempête se propagent dans la nuit des lundi jusqu'au matin encore assombri du sommeil de la ville. Je m'enlace à nos images, il a une sorte de suffocation. Comme si à l'écho des gémissements, des spasmes des corps, se superposaient celui du souffle abrégé, de l'air happé , aspiré par br&e