Bien venu(e)

Des chemins à partager, pour accepter la réalité plus belle que tous nos rêves.
Dimanche 21 janvier 2007

16 h 30 dimanche, un autre temps

 

 

 

 

Crémieu 11 h : Je plonge la main dans le cartable à la recherche d'un objet et j'y trouve l'objet-quasar : nos brosses à dent et tous les petits matins me sautent à l'âme, le corps se crispe et la main ne peut se retenir d'écrire sur la nappe à papier; je recopie.

 

 

Le reb Louria expliquait la possibilité de la création par l'humilité de D. qui dut se retirer de Lui-même, du tout occupé par le Tout, pour laisser advenir sa manifestation, pour lisser place à autre chose qu'à Lui-même. Au cours de ce tsimtsoum, Il souffla son Esprit si fort sur le vase du monde sue celui-ci fut brisé et s'en échappèrent les étincelles de la réalité que nous serions. Il faut que ces étincelles s'assemblent à nouveau pour retrouver l'état numineux primordial du retour dans l'unité. Chacun de ces éclats est une brisure entière, une et séparée cependant mais brillant, tout de même de sa lumière divine. Sommes-nous des éclats se recollant avec les autres morceaux de nous-mêmes(famille, culture, rencontres, histoires, environnement ..) pour finir au moment du retour au grand tout, vase plus ou moins reconstitué ? Sommes-nous éparpillés de nous-mêmes, voisin ou étranger à notre complément-unifiant, morceau à morceau vers le soi ?

 

 

Je me sens plutôt comme le vase, brisée, contenant de moi-même, laissant échapper la substance de vie dan un goutte à goutte létal. Non pas éclat mais éclatée, esquisse d'une totalité rendue transparente par ses nombreuses fissures, un graal à l'envers, à la recherche de sa lumière perdue du fait de son existence même.
Je suis ce soir nostalgique de cette plénitude que je ressens quand je me miroite dans ton regard.       

 

 

Le ciel m'est cruel de nous avoir tant éloignés et nous savons bien, toi et moi, tout ce qu'il y a dans le mot ciel.

 

 

 

 

Terrestre-ment tienne

 

 


ce jour dimanche

 

 

 

 

Hypostasie du désir par la magie de l'enfance!

 

 

J'ai demandé à un adorable petit garçon de quatre ans et demi qui me trouvait très gentille, dans un pastiche  à la Jacques Martin. -Veux-tu te marier avec moi ? -oui, je le veux. Alors je lui ai dit. Si tu es mon mari, que fais tu ? Il a mis sa menotte dans ma main, s'est éloigné de son père pour m'accompagner jusqu'à la voiture où nous nous sommes installés à l'arrière en attendant que son parent nous rejoigne. Lui immobile, moi maternelle, nous avons gardé nos mains dans la candeur et la confiance. Il était si sérieux, il se croyait vraiment mon mari. Quand nous avons fait une halte pour visiter quelque coin, il n'a pas bougé de peur qu'en retrouvant les autres, il n'y ait plus cet instant de magie. M. est cette part d'enfant que tu es dans la totalité d'une rencontre si pure d'émotions. M. c'est le poids d'un être que l'on peut porter sans que cela soi une charge, c'est si petit, si fragile, si déterminé aussi, c'est l'être qui ne pèse pas. On n'avait pas besoin de se regarder mais nous nous sommes échangés avec ce que nous sommes et je sais que pour quelques heures, je serai dans ses rêves, dans son affection où il n'y a pas d'impossible et où on se rencontre tel que l'on est.

 

 

M. c'est le mari que tu ne seras pas, c'est l'enfant que tu ne me feras pas. Sa réalité m'a consolée de ma réalité.          
            Dans les métamorphoses du temps, des visages, des rencontres, était-ce moi ?

 

 

 

 

Nous

 

 


"Un assassinat sous narcose" cf Nérida

 

 

 

 

Révélation : la vérité à-tout-prix, ce n'est qu'un enfantillage; enfin, une attitude que l'on veut imposer à un être encore suffisamment infantile ou naïf, crédule, voir niais pour accepter de se dévoiler, de renoncer à sa liberté de n'être plus seulement qu'à lui seul. C'est comme une volonté d'appropriation, une domination par le tout-à-l'écoute. C'est une captation, un rapt permanent. Celui qui dit toute la vérité est acculé au dénuement, au plus rien pour lui, au tout pour l'autre. C'est une offrande absolue qui, sans réciprocité, devient l'horreur du sacrifice humain, barbarie atroce pour la victime consentante dans son effacement, son immolation propiatoire au seul mot de Vérité. Alors tsimtsoum ! Je me retire de mes propres désirs de clarté, de ce que nous sommes en vrai. J'accepte de glisser sur la diagonale du flou, je me contenterai des à-peu-près ; je ne suis plus regardante sur ce que tu me donnes ni même sur ce que je te donne. Après tout, plus de banalité, ce n'est qu'un peu plus d'ennui, de bâillement retenu. Cela n'empêche ni le plaisir, ni le désir, ni la jouissance, ni l'attente. Cela carbonise seulement les rêves et qu'est-ce qu'un rêve. Un espace sans morale disais-tu, où tout est permis, terrible à cause de cette liberté ! Qu'as-tu donc à craindre de la liberté. Ton inceste, ton infidélité à ton image et au reste ou pire encore, car même dans mes pensées les plus enfouies, les plus inconscientes, je t'en donne mon âme et ma parole, il n'y a jamais eu l'ébauche même de pensées que tu as formulées très explicitement. C'est dans ta liberté, pas dans mes rêves où tout y est calme, sérénité.

 

 

Dans les rêves, dans la liberté, il y a la défaite et la dérision pour ceux qui n'ont pas su marier le ciel et l'enfer, qui n'arrivent pas à reconnaître comme opposés et semblables leur enfer et leur ciel, dans le ciel-enfer de tous les hommes. Sais-tu à quel point la vie ou le rêve, c'est la même chose dans l'union des contraires qui se dénoueront de toute façon dans la mort. D'ailleurs, c'est là que furent imaginées ces deux choses qui n'existent pas séparées / le ciel et l'enfer. Le mariage du ciel et de l'enfer, c'est la vie, lutte de l'ange et du démon, c'est la lutte pour la vraie vie contre la fausse, c'est la vie qui est lutte et moi j'ai choisi de vivre.

 

 

Je disais aujourd'hui : je ressens très concrètement que je vis une 2ème vie qui a commencé après ma séparation de JPB. Une première, temps de l'illusion, de l'attente, de l'apprentissage, de la fabrication. Une deuxième maintenant, où je comprends, où je me suis libérée et suis libre et capable de dire NON sans renoncer pour autant au OUI. Je suis dans le rêve de la vie, pas dans la vie du rêve.
Là comme le dit le prophète :

 

 

-Si vous aimez et devez avoir des désirs, qu'ils soient ceux-ci

 

 

           Se fondre et être un ruisseau coulant qui chante sa mélodie à la nuit

 

 

           Connaître la douleur de trop de tendresse

 

 

           Etre blessé par sa propre intelligence de l'amour

 

 

           Et saigner volontiers et joyeusement

 

 

           Se réveiller à l'aube avec un cœur ailé et rendre grâce à une autre journée d'amour

 

 

           Se reposer à l'heure de midi et méditer sur l'extase et l'amour

 

 

           Rentrer en sa demeure, au crépuscule, avec gratitude

 

 

           Et alors, dormir, avec en son cœur, une prière pour le bien-aimé et sur les lèvres un chant de louange.

 

 

 Je te proposais de l'impossible, tu nous contente du difficile, nous avons quitté toute puérilité, chacun de notre côté, décidément tu m'inspires, je fais comme toi !

Je ne veux qu'une chose : que tu me veuilles encore et encore. Mon amour, je t'appartiens de toute ma liberté. Oui, je puis dire "mon" à partir de tout ce dont tu m'as chargée et qui n'appartient qu'à moi et qui me constitue; de même que le soleil est le principe de vie de l'arbre, il est aussi à tous les autres arbres, mais pour chacun il est le sien. Je rayonne de ce "mon", j'y puise mon identité nouvelle, j'y moissonne mes vies antérieures et j'y déguste cet épanouissement-achèvement-et-cependant-commencement de tout ce qui me fait femme.

 

 

 

 

Au milieu de tous les pronoms possessifs devenus adultes

 

 

Particulièrement tienne

 

 


Aporie ou l'inconsolable

 

 

De la difficulté, quand les raisonnement contraires sont identiques;

 

 

 

 

Il y a les mots qui se donnent à entendre, d'autres à écrire, d'autres à voir même sans les lire. En voici quelques uns :

 

 

Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime.

 

 

Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je ne te hais point. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime sans compter et toi ?

 

 

Pas un seul mot semblable à un autre, tous différents de cette nuance de particularité qui distingue chaque respiration, chaque souffle de vie et pourtant si pareils pour ce qu'ils répètent la possibilité de la vie. Beaux comme une équation de nombres virtuels ?! Et pour toi qui comptes pour moi, numérises. Combien de points manquent sur les -j- de ce je, où tu es point sur moi* pour me couvrir de vie, pour que je sois moi. Combien me manques-tu ô J. et même si tu nous parcourais pour nous mesurer, tu ne trouverais que le frémissement de ce qui ne s'arpente pas, de ce refuge où je m'abrite de ton absence, lieu retranché à ma vie où je ne survis que pour toi.

 

 

133, cent trente trois, sans tant de toi, sang : temps de toi, sens ce temps de toi, sens de ce tant de toi. Les mots ne sont irrigués que de toi et je ne suis plus que le je/tu. A ne plus exister ailleurs que dans ta pensée, dans cette situation sans issue.

 

 


 

 

 

 

Jeudi 7 h 15

 

 

 

 

            A ne plus savoir vivre autrement qu'au bord de ton visage, souffle à souffle, corps à corps, peau à peau, mot à mot sur ton sourire. Hier 21 h 30 : allô, ici J. Le même prénom mais ce n'est pas toi. C'est presque toi. Une voix pour me dire par delà tes "taisements" que tu n'es pas silence, mais que ta pensée m'est rapportée par ce gentil Mercure qui me parle de toi avec son prénom. Ce matin, je prends un livre, auteur, mais oui, J.Neyme, oui je veux, je dois le croire J.m'aime, dès l'aurore, dès mon premier geste de vivre ce jour. Ma vie disparaît dans ce bonheur au creux de chaque instant. Quand je pense -bientôt- c'est déjà mon présent puisque je l'actualise dans mes rêveries et l'attente de toi si pleine est un alentour où nous sommes déjà. Je ne peux même plus dire l'attente, les lendemains m'éclaboussent et ton regard me lancine et la chair s'ouvre et le temps n'est que nous et le cœur se sent éternel : suppression du dire autre chose. Je fonds. Je suis fondue en nous. Je t'aime' suffit-il ? A 11 h 45 je me suis mise à genoux, près du répondeur. Il y avait 3 messages. J'étais sure qu'il y en aurait au moins un de toi. Il y en eut deux, je double l'éternité. J'avais raison d'être à genoux. J'étais au pied de mon bonheur, de ma joie, de tes mots qui ne sauront jamais l'exactement de ces instants. Il ne s'agit même pas d'attente; l'attente c'est pour le à peu près, pour le plus tard, pour ce qui advient car toi tu es toujours là, toujours présent et au présent. Il y a du autrement à vivre mais pas un temps avec ou sans, le temps est nous. Il n'y a pas séparation.

            Tout me crie, me parle de toi. Je rentre et je trouve le chien qui a mangé, dépenaillé, écorché, dépouillé, dépecé un livre : le dieu nu ! Tu m'es redonné sous formez de puzzle, sous forme de signe. Tu es mon dieu nu en ce que ta chair m'est souverain, ton regard mon verbe, ton esprit mon juge, ton amour mon sauveur et toi mon roi infini; et bientôt je pourrai de vives manières leur rendre l'hommage de mes désirs. D'où j'écris, du bureau, je me lève, je vais vers le téléphone au salon. Je lui parle, je lui souris (derrière la ligne, il ne peut y avoir que toi), je t'entends déjà. Appelles moi vite ! Je me drogue, café sur café, pour ne pas dormir, pour veiller, pour nous veiller, pour ne pas cesser de penser à penser à nous. Je nous veux vivants comme une Thora. 

 

 

A chaque seconde, que ta pensée relaye la mienne pour qu'il n'y ait aucun point d'espace-temps où nous ne serions pas, où partout, notre amour porterait témoignage de la réalité de l'univers. Je vis dans une particule d'infini éternel où il est impossible de dire ce que de nous est matière ou énergie, je vis à toucher la force qui m'abolit et me distingue dans notre relation.

 

 

Sais-tu que je t'aime ?

 

 

            Les lundi sont toujours les premiers jours où se renouvelle la première fois. Je m'en délice de pouvoir l'imaginer.

 

 

 

 

A tout de suite

 

 

Quantiquement tienne

 

 


 

 

 

 

            Sur le trajet qui est le notre, avec "nous" comme cible, s'éloignant d'une distance constante pour que le but reste l'ultime finalité, toujours dans sa proximité infranchissable…

 

 

Ma crainte d'atteindre l'autre, crainte alors de m'éteindre, est notre mouvement, crainte de ne plus pouvoir étreindre, désir qui s'étoile (et toi le..) en un réel de lundi ou de tous les autres jours qui ne se nomment pas autrement que lundi et je languis de me dissoudre dans ces instants de fusion où la flèche et la cible se confondent, se confrontent à la réalité du tir, donc du tireur, du but donc de la cible enfin atteinte par ce temps suspendu à la durée de nos rencontres, dons à la distance…

 

 

Nostalgie !

 

 

Je l'ai vécue avec toi et je mélange mes présents, passés composés de mes futurs antérieurs où avec toi je préparai ton absence pour y survivre. La recherche du Un m'obsède. Je n'ai jamais réussi à le vivre avec un autre, ni même seule. Je suis désunie et avec toi, plus encore, quand tu n'es pas à mes côtés, avec toi cette recherche me préoccupe comme si je voulais aller au-delà du déjà; avec toi je sens la présence de l'essentiel, j'y repère la trace de la solution dans son creuset d'harmonie. Je veux exister sans toi, avec toi, pour toi. EXISTER, ce mot claque comme une injonction et flotte comme un drapeau-paraclet, espace-patrie situant le triomphe sur tous les inutiles et tout ce qui n'est pas toi ne serait qu'inutile si cela ne servait pas à me réapproprier le monde pour te l'apporter en offrande. Je visite les lieux de ma mélancolie. Tu en es le guide; je suis là, reconnais moi, entraînes moi, ne m'oublies pas même si tu m'as laissée au centre du labyrinthe. Là j'ouvre une parenthèse sur cet acte manqué qui vient de m'arriver?. Je n'arrivais pas à me retrouver dans ce mot d'égarements. La peur me submerge, quel signe m'a été envoyé, quel présage s'est glissé sous ma plume. M'aurais-tu abandonnée (mercredi 13h 30) au moment même où je t'appelais de tout mon être à me garder en toi, J. ô J., je suis là encore et toujours, délirante, désirante, ta gueuse d'amour, espérant que ma frayeur n'ait rien entrevu et que tu ne seras pas de gueuse las. Je m'échappe dès que je me sens en danger et tu le sais bien que mes jeux de mots, maux démasquent plus qu'ils masquent l'angoisse. Tant pis, je reste au centre de ce labyrinthe, j'y tourne dans une incessante parade… autour de toi, plus centre de moi que je ne le suis de ma propre vie. Nous sommes ce contact d'intérieur à intérieur comme un ruban de Moébius. "Dans les textes d'alchimie intérieure, au départ, il faut travailler sur le feu ordinaire, qui est celui des passions, pour le maîtriser par la fraîcheur de l'eau qui coule, produite par l'apaisement du cœur. Il s'agit de maîtriser la relation entre le cœur et l'énergie sexuelle. Il faut parvenir à garder cette pureté, ce calme de l'esprit où l'on ne cherche rien mais où, simplement, on observe comme on regarderait un paysage"

 

 

Là, je ne puis concéder à la sagesse tantrique:

 

 

" Chacun doit partir du lieu où, pour lui, est ramassé la plus grande intensité d'énergie" écrit Feuga et ce lieu pour moi c'est toi et ce lieu accomplit l'alliance entre le cœur et l'énergie sexuelle et en ce lieu je ne cherche plus rien, mais je ne l'observe pas comme un spectateur. Je ne suis pas acteur, non plus. Il n'y a rien à voir, il y a à vivre, à sublimer, à donner-recevoir, à se dire, à te regarder pour me mêler à la vie ardente.

 

 

Dans l'introduction de l'article que je viens de lire il est demandé : "Si l'homme et la femme sont deux moitiés d'un même être, lorsqu'ils s'unissent, cet être s'éveille-t-il automatiquement ?" Ce questionnement a un préalable auquel il faut d'abord répondre. Qu'est-ce que cet être ou du moins sa conception est-elle possible ? rappelles toi ! La fusion n'est pas possible parce qu'elle suppose un tout pré-existant au je et au tu qui ne serait pas le je/tu, forcément puisque le je/tu est contingent, conséquent et non préalable, alors que cet être est supposé en soi avant d'être.

 

 

            Autrement dit : sommes-nous en train d'accomplir, de rendre cognitif ce qui était déjà et qui nous attendait sur cette trajectoire, ce chemin, ce centre de labyrinthe nécessaire dans le fond, que pour cette antériorité-une, cette entéléchie* monade ? ou bien notre conjonction permet à cette antériorité-une de prendre forme, notre forme dans une consistance inattendue, hasardeuse, aléatoire, inhérente à nous, non plus antérieure mais au mieux, coïncidante, coexistent de ce que nous sommes devenus je/tu. Une réincarnation d'un déjà vécu par d'autres, dans d'autres vies ou par nous-mêmes dans ces ailleurs qui m'interrogent et nous demandent d'être(s), non plus verbe mais actes pour lui permettre, per-naître. Nous, une négantropie *? Dans ces hypothèses, la question, la vraie est de savoir si c'est un voyage d'où l'on peut revenir indemne où couronne (cf Kéther), plus précellent, plus beau, parachevé ou bien une perdition dans cette fusion. Et la question, à nouveau, est de l'accepter, même de la vouloir. Cet évanouissement de je dans cet êtreté, qui n'est pas je/tu mais qui serait A. Et comme le montre ce

A

 

 

 

Je                Tu

dessin, A me sépare en fait de toi, par un tirs aussi transcendant (ou modeste) soit-il. Je te veux sans intermédiaire, sans altération, sans interprète, sans médiateur, sans truchement et sans tricherie. Si D. le veut ! Et puis, nous savons bien qu'il est surtout dans tous les je/tu qui sont ses terres d'asile au cœur des amours fous. Dans la diffluence de tout mon être qui ne coule que vers nous, jacquerie de ma royauté, royaume toi-même, tu es la séphira qui m'ouvre l'arbre de vie.

 

 

 

 

Apophatique de tout ce qui n'est pas nous

 

 

 

 

NB.

 

 

Mon ego en noyade de nous. Je suis immergée dans un flot prolongé de bonheur intérieur. Je me perds dans cette félicité. Tu viens de m'appeler. Tu me dis comme une première fois je-t'aime et il n'y a plus autre chose, pas de contraire possible, il y a Un de nos je-t'aime. Nous sommes dvandvatita  au-delà des contraires dans la réelle réalité où il n'y a plus besoin d'interprétation, dans la sécurité de l'absolu.

 

 


C'est beau ! cela serait-il suffisant ?

 

 

 

 

            Lavandes doux si ciel et si mer ! La terre comme une griffure est blonde sous la peau violine aux senteurs si mauve, si lilas. Là, un arbre, chaton d'une bague cardinalice, c'est l'émeraude dansant devant la folie de l'archidiacre de Notre-Dame. Une bouffée d'air saoulante de lie-de-vin et ces deux touffes chaudes et rondes deviennent les ailes-seins de ce corps de lavande qui s'envole, planeur de rêves, vers la mer-ciel.          

 

 

            En vol, vol, volet, jalousies, pourquoi se glisser ainsi dans l'association de ce qui est interdit, à bannir ?           
Je suis sur cette ligne d'horizon, blé ou miel, couchée, recouvrant le chant de mon amour qui raconte :

 

 

           C'est l'histoire d'un homme qui connaît la lumière

 

 

           C'est l'histoire de S. qui observe l'absolu

 

 

           C'est l'histoire d'une rencontre

 

 

           C'est l'histoire d'un homme qui reconnut S. et l'observe à son tour

 

 

           C'est l'histoire d'un amour, d'un double don.

 

 

Il donna des paroles, miel et douces comme des loukoums ; S. donna son fiel et son sang. Le miel revivifia S., le sang attendrit l'homme.

 

 

Les deux êtres se transformèrent et comprirent comme le blond et le mauve, le clair et le sombre, le minéral et le végétal avec le trait qui sépare ciel et terre; et pourtant la cime de l'arbre appartient-il au ciel ou à la terre ?

 

 

Sur la ligne chemine l'azur, coiffe-tiare du subtil, de l'aérien, du libre, de l'impalpable, attestant de leur royauté au fil du vent sur le lac de lavandes où frissonne le silence. Il n'y a là que ton visage, j'ai soufflé les flocons de l'horizon enneigé, si blanc; j'ai effleuré ton souffle et j'ai tracé ces rides de ton regard fantomatique. Mon corps s'est longtemps abîmé au sourire de tes lèvres.

 

 

Le soleil s'est écarté, il n'y a pas d'ombre. mon dire a la saveur de fleurs s'émiettant, en instance d'odorance fétale. La brise s'est arrêtée devant mon regard qui contemple, mon dire en instance de rien, lesté seulement de ton désir de me lire. Je n'ai pas envie d'être là où tu n'es pas, ni dans l'ailleurs d'ailleurs. Je suis sur un quai de garde à vue sur toi. Les mots, ce soir me font mal de ton manque

 

 

 

 

Et-coeurée de toi

 

 


Qu'est-ce ?

 

 

                                

une couronne ?

 

 

                               oui !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Où se trouve normalement une couronne ?

 

 

           Sur la tête d'un roi.

 

 

par Solange SUDARSKIS publié dans : roman épistolaire
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Jeudi 18 janvier 2007

L’enfant paraît.

 

Cette rupture brutale est confirmée par la suite.

 

Le pigeon prit Pinocchio sur son dos et l’emporta sur une plage bordant une mer immense. Sur le rivage, il y avait beaucoup de gens qui gesticulaient en regardant vers la mer.

 

Qu’est-il arrivé ? demanda Pinocchio à une vielle dame.

 

C’est un pauvre papa, qui ayant perdu son petit garçon a voulu monter sur une petite barque pour l’aller chercher au-delà des mers.

 

Soudain une vague terrible survint et la coquille de noix disparut. 

 

« Pauvre homme ! » s’écrièrent les pêcheurs.

 

En se retournant, ils aperçurent le pauvre petit garçon qui du haut du récif se jetait dans la mer en criant :

 

« Je veux sauver mon papa! »

 

« Pauvre enfant ! » s’écrièrent les pêcheurs.

 

La mer, dont le symbolisme rejoint celui de l’eau, est le creuset des naissances des transformations et des renaissances. Elle est la transition entre le formel et l’informel.

 

Pinocchio qui était de bois flottait facilement et nageait comme un poisson. Une vague puissante et impétueuse le jeta d’un seul coup sur le rivage.

 

C’était une île. L’île à laquelle on parvient à l’issue d’une lutte avec des éléments est le symbole de centre spirituel, du temple, du sanctuaire.

 

Passa à proximité un dauphin. La symbolique du dauphin est liée à celle de la transfiguration. Il est le symbole également de la sagesse, de la prudence et de l’aide salvatrice.

 

Ses conseils menèrent Pinocchio dans un pays dit des "abeilles laborieuses".

 

L’Abeille est encore un symbole solaire. Elle représente la sagesse, l’immortalité et la richesse. Elle est le lien social, le dévouement, le courage jusqu’à la mort, le labeur personnifié.

 

Les humains qui oeuvrent dans ce petit pays apprennent à Pinocchio la valeur de l’argent et de l’effort. La bonne fée reparaît, elle n’est plus une jeune fille, elle a vieilli, elle a pris de l’âge. Elle pourrait être sa mère.

 

Pinocchio lui promet d’étudier et va à l’école.

 

Oh certes !

 

Il lui fallut se faire une place parmi ses petits camarades, amis à force de coups de pieds, de coups de coude, de gentillesse, d’affection ; il sut acquérir leur estime et leur sympathie. Le maître lui-même se louait de Pinocchio, car il le voyait attentif, sérieux, intelligent.

 

Le pantin arrivait toujours le premier et s’en allait le dernier.

 

Son seul défaut était d’avoir trop de camarades.

 

Le maître l’avertissait :

 

Fais attention Pinocchio, tes camarades d’école finiront tôt ou tard par te faire perdre l’amour du travail et tu t’attireras de gros ennuis. Tu ne t’élèveras jamais dans le monde par les relations que tu entretiendras, mais par les efforts que tu fourniras. Tu te glorifieras par ton travail. Gloire au travail !

 

Ce qui devait arriver, arriva. Entraîné par ses camarades, il fit l’école buissonnière. Un crabe essaya de l’en dissuader, en pure perte.

 

Le Crabe est un symbole lunaire, mais également la représentation du solstice d’été. Notre pantin né à la St Jean d’hiver a déjà accompli la moitié de l’année.

 

Débauché par ses camarades, il est l’objet d’une supercherie de la part de 7 petits drôles, qui le prennent à parti et veulent le rosser avec leurs livres d’arithmétique, de géométrie, d’algèbre, leurs outils de travail.

 

L’un d’eux meurt, frappé au front.

 

Il s’agit d’Eugène, c’est à dire étymologiquement Eu-Genos, le gène du bien, le fondement de l’élite.

 

Pinocchio se lamentait : pour avoir écouté ces mauvais compagnons, me voilà damné ! Le maître me le disait bien !

 

Notre héros est tenu pour responsable et s’enfuit vers la mer. Au large, il est pris dans les filets d’un pêcheur. Au lieu de cheveux, il avait sur la tête comme un gazon touffu d’herbes verts. La peau de son corps était verte, ses yeux étaient verts, sa barbe était verte et très longue.

 

Le pêcheur d’hommes est celui qui sauve de la perdition, c’est le convertisseur.

 

Simon…Pierre.

 

L’homme vert, c’est la providence divine car il a su construire son univers au point extrême du monde, là où se touchent l’océan terrestre et l’océan céleste.

 

L’homme vert veut manger Pinocchio en friture et le roule dans de la farine. Notre pantin se défend et supplie. Le pêcheur ne comprend pas, il parle un autre langage : la langue verte, celle des initiés.

 

Notre pantin parvient à s’évader grâce à un chien, messager des dieux.

 

Ce chien s’appelle Alidoro, Ailes d’Or.

 

En plus d’être le guide des âmes, l’intercesseur entre ce monde et l’autre, il évoque la spiritualité la plus pure, la parfaite lumière céleste, celle qui élève l’individu.

 

Pinocchio retourne au village, couvert de farine…. Blanchi en somme ! Au sens propre et au sens figuré car le gamin blessé à la tête s’est relevé.

 

Comme il est nu, un vieillard le vêt pour la seconde fois.

 

Les premiers habits qu’il portait étaient de papier à fleur. Symboles de la fragilité, de l’enfance, de l’instabilité, de la passivité. Ceux-ci sont de tissus ayant contenu des lupins, de Lupus-loup, symbole du destin, de la lumière.

 

Arrivé à la maison de la fée, il frappe cinq fois avant qu’une lumaca lui ouvre la porte. Ce mot italien peut se traduire de deux façons, soit par limace, soit par escargot.

 

L’Escargot, symbole lunaire par excellence, peut être interprété comme le mouvement dans la permanence ou encore la permanence de l’être à travers les fluctuations du changement. Comme il sort de terre, c’est le symbole féminin de la fécondation donnée par les morts.

 

Si nous devons accepter l’autre traduction, il s’agit davantage d’un ver luisant, car cette limace porte une petite lanterne allumée sur la tête. Le Ver est le symbole de la vie renaissante à partir de la pourriture et de la mort. Il apparaît dans  toutes les légendes comme le symbole de la transition de la mort à la vie, de l’état larvaire à l’envol spirituel, de la terre à la lumière. Lumière dont notre lumaca est parée.

 

 

Quelle que soit la traduction adoptée, les acceptations restent donc très voisines l’une de l’autre de point de vue symbolique.

 

Nous avons vu que l’entrée a été livrée au cinquième coup.

 

Celui-ci est porté avec le pied qui est resté fiché dans le bois de la porte ; c’est à dire que le pied départ et arrivée de tout mouvement, de tout cheminement, s’est heurté, faute de détenir encore la connaissance surhumaine, à la limite de la demeure sacrée, le lieu de passage entre deux états.

 

Une fois encore, Pinocchio promet d’être sage, une fois encore, il repart à l’aventure, entraîné par Lucignolo, le lumignon, c’est à dire la lumière qui guide mais éclaire mal.

 

D’ailleurs, cet enfant est une petite personne sèche, étriquée, maigre et, comme toute petite flamme, il est instable.

 

Tous deux partent vers une ville merveilleuse, au pays des jouets mais plus précisément au pays de Cocagne – où tout est donné sans avoir à fournir le moindre effort.

 

Bien vite Pinocchio, oisif, devient un âne gris, paré de magnifiques oreilles.

 

L’Ane représente souvent l’ignorance mais il est avant tout l’élément instinctif de l’homme ; la représentation d’une vie qui se déroule toute au plan terrestre et sensuel.

 

L’esprit chevauche la matière qui doit lui être soumise mais qui échappe parfois à sa direction. Les oreilles de l’âne symbolisent la recherche des séductions sensibles plutôt que l’harmonie de l’esprit et la prédominance de l’âme.

 

Le gris est le mauvais compromis du noir et du blanc, du chaud et du froid, l’amalgame incohérent de toutes les couleurs, le symbole de l’hésitation (comme l’âne de Buridan) entre les quatre points cardinaux, le jaune, le bleu, le vert, le rouge.

 

L’âne-Pinocchio est employé, un temps, par un directeur de cirque. Une marmotte, qui comme le soleil après une longue somnolence se réveille, le prévient du danger qu’il encourt ; en pure perte. Il se blesse en voulant passer au travers d’un cerceau.

 

 

C’est-à-dire, qu’en voulant franchir le cercle, maîtriser le temps, passer à la limite magique infranchissable, comme Jacob, il paye son offense et devient boiteux.

 

Inutilisable, il est destiné à l’équarrissage .sa peau doit recouvrir un tambour. Expression de la condition humaine et du rythme vital de son âme. Médiation entre le ciel et la terre.

 

Le boucher, impressionné par le fait qu’il parle, ne veut pas le tuer de ses propres mains et décide de le noyer.

 

L’âne-Pinocchio est dévoré par les poissons. Symboles des eaux associées à la naissance ou à la restauration cyclique, à la fois sauveurs et instruments de la révélation et de la régénération.

 

Les poissons l’eurent volontiers tout grignoter, mais ils s’aperçurent que sitôt la peau de l’âne dévorée, le bois dont était fait notre pantin n’étaient pas précisément bon pour leurs dents.

 

Pinocchio est dépouillé de son écorce apparente et des atours de la séduction sensible et des instincts. Il est une fois de plus régénéré.

 

o       Il a accompli cinq voyages  qui l’ont mené au théâtre de marionnettes, à l’auberge du Gambéro Rosso, au pays d’Attrape nigauds, au pays des abeilles laborieuses et au pays des jouets.

 

o       Il a subi diverses épreuves dont les maîtres d’œuvre étaient :

 

Mangio Foco– les Brigands – le paysan – le Pêcheur –l’Equarisseur.

 

o       A chaque fois, il serait mort si un messager divin n’était intervenu.

 

Au commencement, il n’était qu’un point, une bûche de bois, un gemme. Ce point s’est déplacé sur les chemins, sur la première dimension : le chemin dévoilé.

 

Dévié de son chemin et remis sur la voie, il a pris conscience de la deuxième dimension.

 

La troisième, c’est le cube, l’espace.

 

La quatrième, le cercle, le temps.

 

La cinquième, l’harmonie, la beauté mais n’anticipons pas.

 

 

Pinocchio vient d’être délivré de sa peau d’âne.

 

Un peu désemparé, il se sauve vers le large et soudain, il est guidé par une chèvre bleue, juchée au sommet d’un récif de marbre blanc, le centre spirituel de la pureté.

 

La chèvre est généralement associée à la manifestation des dieux ; elle est leur instrument au bénéfice de la terre. Elle sait se tenir à la limite des eaux célestes et terrestres.

 

La couverture couvrant le tabernacle était composé de poils de chèvre après que Yavhé se soit manifesté à Moïse au mont Sinaï, permettant ainsi la lente montée des forces profondes.

 

Alors qu’il va atteindre le récif, Pinocchio est avalé par la baleine et, dans le ventre de l’animal, il perçoit une petite lumière grâce à laquelle il parvient à se guider, une lumière du passé,  son père – Geppetto.

 

L’entrée dans la baleine, c’est l’entrée dans la période d’obscurité intermédiaire entre deux états. Pinocchio, dans le ventre de la baleine, c’est le germe d’immortalité dans l’œuf, dans la matrice cosmique. Régurgité par la baleine, Pinocchio est ressuscité, c’est la nouvelle naissance mais à un état supérieur. Tout comme Jonas, son prédécesseur.

 

Une dernière rencontre, la troisième, avec le Renard et le Chat, définitivement condamnés à errer sans but, sans foyer, sans joie. Ils ne sont plus les guides de Pinocchio, il les a  dépassés ; avec le grillon-parlant qui symbolise encore une fois la résurrection ; une dernière rencontre avec la bonne fée qui a encore vieilli, qui a encore pris de l’âge ; et notre ami cesse enfin d’être un pantin cossard.

 

A la veillée, il apprendra à lire et à écrire. Il se servait d’un fétu de paille taillé comme plume et comme il ne possédait ni encre, ni encrier, il emplissait une petite fiole de jus de mûres et de jus de cerises.

 

La Mûre est le fruit de l’arbre du Levant.

 

La Cerise est le symbole de la recherche de l’invisible par la voie intérieure.  Le vitriol de notre initiation.

 

 

Le fétu de paille est un rayon de soleil

 

La lumière point donc dans l’âme de notre pantin.

 

Pour gagner quelques sous, il tire de l’eau d’un puits et le salaire qu’il obtient lui permet d’acheter du lait pour son papa dont la santé est bien déficiente.

 

Le Puits est la source de lumière, le lieu des naissances magiques.

 

Le Lait et le symbole de la nourriture spirituelle la plus pure. L’ésotérisme islamique le considère comme l’initiation. Comme le puits, c’et un signe femelle, de la lune, de la naissance.

 

Pinocchio fabrique également des corbeilles d’osier.

 

La Corbeille est le symbole du corps maternel. Moïse, Œdipe ont été trouvés dans des corbeilles voguant au fil des eaux.

 

L’Osier possède un caractère sacré de protection, il accompagne les naissances miraculeuses.

 

Et quelle naissance ! Un soir de Noël, que le pantin avait veillé jusqu’à minuit, pour confectionner plus de corbeilles qu’il n’en avait faites, il se coucha, s’endormit, rêva, se réveilla au matin.

 

Il était devenu un petit garçon, habillé de neuf, paré d’or et d’ivoire, du métal parfait et de la pureté.

 

Son porte-monnaie ne contenait plus 40 sous de cuivre, mais 40 écus d’or tout neufs.

 

Quarante est le nombre de l’attente, de la préparation, de l’épreuve, du châtiment. Il marque l’accomplissement d’un cycle qui doit aboutir, non pas une répétition mais un changement radical.

 

Le Cuivre, lumière terne et symbole de l’eau, est la provision avant d’entreprendre le grand voyage vers le pays des morts. C’est la foudre qui s’enfonce dans le sol et féconde la terre.

 

L’Or est la transmutation, l’immortalité, la perfection.

 

La lumière qui s ‘était enfoncée dans le sol resurgit, brillante de mille feux.

 

Un gros pantin, la tête tombante d’un côté, les bras ballants et les jambes croisées repliées à moitié, était adossé à une chaise.

 

Un gros pantin qui avait recélé la sagesse, un morceau de bois sans gemme.

 

Voilà la fin de l’histoire de Pinocchio.

 

Peut-être n’est-ce qu’un commencement, un pas vers la sixième dimension. Vous pourrez m’objecter que Carlo Lorenzini dit Collodi, le vrai père de Pinocchio, n’était que l’auteur d’un feuilleton destiné à éponger ses dettes de jeu et réellement intitulé La Storia di un Buratino, l’histoire d’une marionnette.

 

Il appelait cela une bambinata, une gaminerie ; mais vous constaterez que cette œuvre est  construite toute entière comme la Bible sur la théorie de la désobéissance, du salut et de la rédemption. On retrouve à chaque fois la tentation (Renard et Chat), des épreuves (des voyages), le messager divin (chien, chèvre, etc…), la renaissance (le grillon parlant), la consécration de l’état atteint (la bonne fée).

 

Collodi fait mourir son héros et à plusieurs reprises l’a ressuscité pour, comme il le disait à Biagi, son éditeur, se faire payer, payer bien, pour lui donner l’envie de continuer.

 

Alors qu’est-ce qui a été raconté, décodé ?

 

La sédimentation des significations enfouies par Collodi qui était FM?

 

Notre capacité au symbolisme ?

 

Une autre interprétation aurait-elle changé les évocations conviées à notre esprit ?

 

Y avait-il autre chose à comprendre ?

 

 

 

Alors je recommence :

 

« Il était une fois…un morceau de bois », me diriez-vous !

 

 

Non, vous vous trompez. Il était une fois un roi…

 

par Solange SUDARSKIS publié dans : planches maçonniques
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Lundi 9 octobre 2006

J'ai refait de mon corps les 3 anneaux autour de ton corps. Ainsi, à l'annulaire du temps, sont les signes de notre union, le souvenir de l'un d'eux me trouble tout particulièrement.

J'ai posé toutes mes attentes en prière de toi.

Quand un homme aime une femme dont la vie lui est constamment présente, le tu qu'il voit luire dans les yeux de cette femme lui fait entrevoir un rayon du Tu éternel et c'est pourquoi, lorsque je te vois, c'est toujours un espace-temps sacré  et je prie pour dire merci et ma prière coule de mon âme comme un pleur ?       

Dieu aime les pleurs des femmes.

Ne pas pouvoir te toucher. Face à face, séparés par toutes les convenances de ce que nous sommes en réalité sociale ; l'écorchure est vivante entre nous sur ce parking, ton front touche les étoiles et mon orgueil me fait gueuse, ton ombre sur le macadam est pourtant ce qu'il y a de lumière de l'autre côté où je suis. Tu brilles de cette aura d'incroyables et j'entends, fort comme un cantique qui appelle la mansuétude de l'un fini, ce qui est à nous voué et dont il m'est impossible de nier la réalité : nous nous sommes choisis, trouvés pour vivre du surnaturel dans un quotidien objectivé d'exigences. Pourtant, ma pensée délire de bonheur, celui de te connaître !

Ne pas pouvoir te toucher "haltère" l'effort du difficile, me fait haleter et altère mes camaïeux d'émotions par cette hallucination de la situation (c'est ton mot). L'intensité se fait pastel subtil d'amour fou d'être amour de toi; je retiens tout ce qui m'élance, je retiens l'espoir de ce qui est à naître encore pour nous ; chimère qui se nourrit de nos rencontres comme le fruit de sa fleur. Je mets ma jouissance dans des fils coupés en quatre, en des quintessences dont la ténuité cherche à te ravir, à te plaire ; tu nommes cela l'esprit des polémiques et pourtant, jetant le masque des mots, des idées reçues, se reposant des grimaces indispensables infligées aux sens (direction, signification, relations du corps au monde (univers, les gens)) j'ouvre des cosses sur la chair des choses et c'est là que je te rencontre en première fois (pour ce que le réel ne se répète jamais), en plus juste, en pureté mais surtout en plus crédible (pour ce que le toucher, le principe, le secret, le fond du dedans des choses donne à croire à la victoire de l'être sur le paraître).

"L'amour est un texte de souffrance" écrit Lacan mais souffrir est absurde et laid lorsque c'est une complaisance au désordre. Il vaut mieux s'accommoder des situations ou les briser…..

            "Oui, chacun sa case, sa liberté ou en analyse plus raffinée la possibilité de la liberté, de la solitude rendant plus agréables et plus qu'agréables les heures et les humeurs passées