16 h 30 dimanche, un autre temps
Crémieu 11 h : Je plonge la main dans le cartable à la recherche d'un objet et j'y trouve l'objet-quasar : nos brosses à dent et tous les petits matins me sautent à l'âme, le corps se crispe et la main ne peut se retenir d'écrire sur la nappe à papier; je recopie.
Le reb Louria expliquait la possibilité de la création par l'humilité de D. qui dut se retirer de Lui-même, du tout occupé par le Tout, pour laisser advenir sa manifestation, pour lisser place à autre chose qu'à Lui-même. Au cours de ce tsimtsoum, Il souffla son Esprit si fort sur le vase du monde sue celui-ci fut brisé et s'en échappèrent les étincelles de la réalité que nous serions. Il faut que ces étincelles s'assemblent à nouveau pour retrouver l'état numineux primordial du retour dans l'unité. Chacun de ces éclats est une brisure entière, une et séparée cependant mais brillant, tout de même de sa lumière divine. Sommes-nous des éclats se recollant avec les autres morceaux de nous-mêmes(famille, culture, rencontres, histoires, environnement ..) pour finir au moment du retour au grand tout, vase plus ou moins reconstitué ? Sommes-nous éparpillés de nous-mêmes, voisin ou étranger à notre complément-unifiant, morceau à morceau vers le soi ?
Je me sens plutôt comme le vase, brisée, contenant de moi-même, laissant échapper la substance de vie dan un goutte à goutte létal. Non pas éclat mais éclatée, esquisse d'une totalité rendue transparente par ses nombreuses fissures, un graal à l'envers, à la recherche de sa lumière perdue du fait de son existence même.
Je suis ce soir nostalgique de cette plénitude que je ressens quand je me miroite dans ton regard.
Le ciel m'est cruel de nous avoir tant éloignés et nous savons bien, toi et moi, tout ce qu'il y a dans le mot ciel.
Terrestre-ment tienne
ce jour dimanche
Hypostasie du désir par la magie de l'enfance!
J'ai demandé à un adorable petit garçon de quatre ans et demi qui me trouvait très gentille, dans un pastiche à
M. c'est le mari que tu ne seras pas, c'est l'enfant que tu ne me feras pas. Sa réalité m'a consolée de ma réalité.
Dans les métamorphoses du temps, des visages, des rencontres, était-ce moi ?
Nous
"Un assassinat sous narcose" cf Nérida
Révélation : la vérité à-tout-prix, ce n'est qu'un enfantillage; enfin, une attitude que l'on veut imposer à un être encore suffisamment infantile ou naïf, crédule, voir niais pour accepter de se dévoiler, de renoncer à sa liberté de n'être plus seulement qu'à lui seul. C'est comme une volonté d'appropriation, une domination par le tout-à-l'écoute. C'est une captation, un rapt permanent. Celui qui dit toute la vérité est acculé au dénuement, au plus rien pour lui, au tout pour l'autre. C'est une offrande absolue qui, sans réciprocité, devient l'horreur du sacrifice humain, barbarie atroce pour la victime consentante dans son effacement, son immolation propiatoire au seul mot de Vérité. Alors tsimtsoum ! Je me retire de mes propres désirs de clarté, de ce que nous sommes en vrai. J'accepte de glisser sur la diagonale du flou, je me contenterai des à-peu-près ; je ne suis plus regardante sur ce que tu me donnes ni même sur ce que je te donne. Après tout, plus de banalité, ce n'est qu'un peu plus d'ennui, de bâillement retenu. Cela n'empêche ni le plaisir, ni le désir, ni la jouissance, ni l'attente. Cela carbonise seulement les rêves et qu'est-ce qu'un rêve. Un espace sans morale disais-tu, où tout est permis, terrible à cause de cette liberté ! Qu'as-tu donc à craindre de la liberté. Ton inceste, ton infidélité à ton image et au reste ou pire encore, car même dans mes pensées les plus enfouies, les plus inconscientes, je t'en donne mon âme et ma parole, il n'y a jamais eu l'ébauche même de pensées que tu as formulées très explicitement. C'est dans ta liberté, pas dans mes rêves où tout y est calme, sérénité.
Dans les rêves, dans la liberté, il y a la défaite et la dérision pour ceux qui n'ont pas su marier le ciel et l'enfer, qui n'arrivent pas à reconnaître comme opposés et semblables leur enfer et leur ciel, dans le ciel-enfer de tous les hommes. Sais-tu à quel point la vie ou le rêve, c'est la même chose dans l'union des contraires qui se dénoueront de toute façon dans la mort. D'ailleurs, c'est là que furent imaginées ces deux choses qui n'existent pas séparées / le ciel et l'enfer. Le mariage du ciel et de l'enfer, c'est la vie, lutte de l'ange et du démon, c'est la lutte pour la vraie vie contre la fausse, c'est la vie qui est lutte et moi j'ai choisi de vivre.
Je disais aujourd'hui : je ressens très concrètement que je vis une 2ème vie qui a commencé après ma séparation de JPB. Une première, temps de l'illusion, de l'attente, de l'apprentissage, de la fabrication. Une deuxième maintenant, où je comprends, où je me suis libérée et suis libre et capable de dire NON sans renoncer pour autant au OUI. Je suis dans le rêve de la vie, pas dans la vie du rêve.
Là comme le dit le prophète :
-Si vous aimez et devez avoir des désirs, qu'ils soient ceux-ci
Se fondre et être un ruisseau coulant qui chante sa mélodie à la nuit
Connaître la douleur de trop de tendresse
Etre blessé par sa propre intelligence de l'amour
Et saigner volontiers et joyeusement
Se réveiller à l'aube avec un cœur ailé et rendre grâce à une autre journée d'amour
Se reposer à l'heure de midi et méditer sur l'extase et l'amour
Rentrer en sa demeure, au crépuscule, avec gratitude
Et alors, dormir, avec en son cœur, une prière pour le bien-aimé et sur les lèvres un chant de louange.
Je te proposais de l'impossible, tu nous contente du difficile, nous avons quitté toute puérilité, chacun de notre côté, décidément tu m'inspires, je fais comme toi !
Je ne veux qu'une chose : que tu me veuilles encore et encore. Mon amour, je t'appartiens de toute ma liberté. Oui, je puis dire "mon" à partir de tout ce dont tu m'as chargée et qui n'appartient qu'à moi et qui me constitue; de même que le soleil est le principe de vie de l'arbre, il est aussi à tous les autres arbres, mais pour chacun il est le sien. Je rayonne de ce "mon", j'y puise mon identité nouvelle, j'y moissonne mes vies antérieures et j'y déguste cet épanouissement-achèvement-et-cependant-commencement de tout ce qui me fait femme.
Au milieu de tous les pronoms possessifs devenus adultes
Particulièrement tienne
Aporie ou l'inconsolable
De la difficulté, quand les raisonnement contraires sont identiques;
Il y a les mots qui se donnent à entendre, d'autres à écrire, d'autres à voir même sans les lire. En voici quelques uns :
Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime.
Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je ne te hais point. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime sans compter et toi ?
Pas un seul mot semblable à un autre, tous différents de cette nuance de particularité qui distingue chaque respiration, chaque souffle de vie et pourtant si pareils pour ce qu'ils répètent la possibilité de la vie. Beaux comme une équation de nombres virtuels ?! Et pour toi qui comptes pour moi, numérises. Combien de points manquent sur les -j- de ce je, où tu es point sur moi* pour me couvrir de vie, pour que je sois moi. Combien me manques-tu ô J. et même si tu nous parcourais pour nous mesurer, tu ne trouverais que le frémissement de ce qui ne s'arpente pas, de ce refuge où je m'abrite de ton absence, lieu retranché à ma vie où je ne survis que pour toi.
133, cent trente trois, sans tant de toi, sang : temps de toi, sens ce temps de toi, sens de ce tant de toi. Les mots ne sont irrigués que de toi et je ne suis plus que le je/tu. A ne plus exister ailleurs que dans ta pensée, dans cette situation sans issue.
Jeudi 7 h 15
A ne plus savoir vivre autrement qu'au bord de ton visage, souffle à souffle, corps à corps, peau à peau, mot à mot sur ton sourire. Hier 21 h 30 : allô, ici J. Le même prénom mais ce n'est pas toi. C'est presque toi. Une voix pour me dire par delà tes "taisements" que tu n'es pas silence, mais que ta pensée m'est rapportée par ce gentil Mercure qui me parle de toi avec son prénom. Ce matin, je prends un livre, auteur, mais oui, J.Neyme, oui je veux, je dois le croire J.m'aime, dès l'aurore, dès mon premier geste de vivre ce jour. Ma vie disparaît dans ce bonheur au creux de chaque instant. Quand je pense -bientôt- c'est déjà mon présent puisque je l'actualise dans mes rêveries et l'attente de toi si pleine est un alentour où nous sommes déjà. Je ne peux même plus dire l'attente, les lendemains m'éclaboussent et ton regard me lancine et la chair s'ouvre et le temps n'est que nous et le cœur se sent éternel : suppression du dire autre chose. Je fonds. Je suis fondue en nous. Je t'aime' suffit-il ? A 11 h 45 je me suis mise à genoux, près du répondeur. Il y avait 3 messages. J'étais sure qu'il y en aurait au moins un de toi. Il y en eut deux, je double l'éternité. J'avais raison d'être à genoux. J'étais au pied de mon bonheur, de ma joie, de tes mots qui ne sauront jamais l'exactement de ces instants. Il ne s'agit même pas d'attente; l'attente c'est pour le à peu près, pour le plus tard, pour ce qui advient car toi tu es toujours là, toujours présent et au présent. Il y a du autrement à vivre mais pas un temps avec ou sans, le temps est nous. Il n'y a pas séparation.
Tout me crie, me parle de toi. Je rentre et je trouve le chien qui a mangé, dépenaillé, écorché, dépouillé, dépecé un livre : le dieu nu ! Tu m'es redonné sous formez de puzzle, sous forme de signe. Tu es mon dieu nu en ce que ta chair m'est souverain, ton regard mon verbe, ton esprit mon juge, ton amour mon sauveur et toi mon roi infini; et bientôt je pourrai de vives manières leur rendre l'hommage de mes désirs. D'où j'écris, du bureau, je me lève, je vais vers le téléphone au salon. Je lui parle, je lui souris (derrière la ligne, il ne peut y avoir que toi), je t'entends déjà. Appelles moi vite ! Je me drogue, café sur café, pour ne pas dormir, pour veiller, pour nous veiller, pour ne pas cesser de penser à penser à nous. Je nous veux vivants comme une Thora.
A chaque seconde, que ta pensée relaye la mienne pour qu'il n'y ait aucun point d'espace-temps où nous ne serions pas, où partout, notre amour porterait témoignage de la réalité de l'univers. Je vis dans une particule d'infini éternel où il est impossible de dire ce que de nous est matière ou énergie, je vis à toucher la force qui m'abolit et me distingue dans notre relation.
Sais-tu que je t'aime ?
Les lundi sont toujours les premiers jours où se renouvelle la première fois. Je m'en délice de pouvoir l'imaginer.
A tout de suite
Quantiquement tienne
Sur le trajet qui est le notre, avec "nous" comme cible, s'éloignant d'une distance constante pour que le but reste l'ultime finalité, toujours dans sa proximité infranchissable…
Ma crainte d'atteindre l'autre, crainte alors de m'éteindre, est notre mouvement, crainte de ne plus pouvoir étreindre, désir qui s'étoile (et toi le..) en un réel de lundi ou de tous les autres jours qui ne se nomment pas autrement que lundi et je languis de me dissoudre dans ces instants de fusion où la flèche et la cible se confondent, se confrontent à la réalité du tir, donc du tireur, du but donc de la cible enfin atteinte par ce temps suspendu à la durée de nos rencontres, dons à la distance…
Nostalgie !
Je l'ai vécue avec toi et je mélange mes présents, passés composés de mes futurs antérieurs où avec toi je préparai ton absence pour y survivre. La recherche du Un m'obsède. Je n'ai jamais réussi à le vivre avec un autre, ni même seule. Je suis désunie et avec toi, plus encore, quand tu n'es pas à mes côtés, avec toi cette recherche me préoccupe comme si je voulais aller au-delà du déjà; avec toi je sens la présence de l'essentiel, j'y repère la trace de la solution dans son creuset d'harmonie. Je veux exister sans toi, avec toi, pour toi. EXISTER, ce mot claque comme une injonction et flotte comme un drapeau-paraclet, espace-patrie situant le triomphe sur tous les inutiles et tout ce qui n'est pas toi ne serait qu'inutile si cela ne servait pas à me réapproprier le monde pour te l'apporter en offrande. Je visite les lieux de ma mélancolie. Tu en es le guide; je suis là, reconnais moi, entraînes moi, ne m'oublies pas même si tu m'as laissée au centre du labyrinthe. Là j'ouvre une parenthèse sur cet acte manqué qui vient de m'arriver?. Je n'arrivais pas à me retrouver dans ce mot d'égarements. La peur me submerge, quel signe m'a été envoyé, quel présage s'est glissé sous ma plume. M'aurais-tu abandonnée (mercredi 13h 30) au moment même où je t'appelais de tout mon être à me garder en toi, J. ô J., je suis là encore et toujours, délirante, désirante, ta gueuse d'amour, espérant que ma frayeur n'ait rien entrevu et que tu ne seras pas de gueuse las. Je m'échappe dès que je me sens en danger et tu le sais bien que mes jeux de mots, maux démasquent plus qu'ils masquent l'angoisse. Tant pis, je reste au centre de ce labyrinthe, j'y tourne dans une incessante parade… autour de toi, plus centre de moi que je ne le suis de ma propre vie. Nous sommes ce contact d'intérieur à intérieur comme un ruban de Moébius. "Dans les textes d'alchimie intérieure, au départ, il faut travailler sur le feu ordinaire, qui est celui des passions, pour le maîtriser par la fraîcheur de l'eau qui coule, produite par l'apaisement du cœur. Il s'agit de maîtriser la relation entre le cœur et l'énergie sexuelle. Il faut parvenir à garder cette pureté, ce calme de l'esprit où l'on ne cherche rien mais où, simplement, on observe comme on regarderait un paysage"
Là, je ne puis concéder à la sagesse tantrique:
" Chacun doit partir du lieu où, pour lui, est ramassé la plus grande intensité d'énergie" écrit Feuga et ce lieu pour moi c'est toi et ce lieu accomplit l'alliance entre le cœur et l'énergie sexuelle et en ce lieu je ne cherche plus rien, mais je ne l'observe pas comme un spectateur. Je ne suis pas acteur, non plus. Il n'y a rien à voir, il y a à vivre, à sublimer, à donner-recevoir, à se dire, à te regarder pour me mêler à la vie ardente.
Dans l'introduction de l'article que je viens de lire il est demandé : "Si l'homme et la femme sont deux moitiés d'un même être, lorsqu'ils s'unissent, cet être s'éveille-t-il automatiquement ?" Ce questionnement a un préalable auquel il faut d'abord répondre. Qu'est-ce que cet être ou du moins sa conception est-elle possible ? rappelles toi ! La fusion n'est pas possible parce qu'elle suppose un tout pré-existant au je et au tu qui ne serait pas le je/tu, forcément puisque le je/tu est contingent, conséquent et non préalable, alors que cet être est supposé en soi avant d'être.
Autrement dit : sommes-nous en train d'accomplir, de rendre cognitif ce qui était déjà et qui nous attendait sur cette trajectoire, ce chemin, ce centre de labyrinthe nécessaire dans le fond, que pour cette antériorité-une, cette entéléchie* monade ? ou bien notre conjonction permet à cette antériorité-une de prendre forme, notre forme dans une consistance inattendue, hasardeuse, aléatoire, inhérente à nous, non plus antérieure mais au mieux, coïncidante, coexistent de ce que nous sommes devenus je/tu. Une réincarnation d'un déjà vécu par d'autres, dans d'autres vies ou par nous-mêmes dans ces ailleurs qui m'interrogent et nous demandent d'être(s), non plus verbe mais actes pour lui permettre, per-naître. Nous, une négantropie *? Dans ces hypothèses, la question, la vraie est de savoir si c'est un voyage d'où l'on peut revenir indemne où couronne (cf Kéther), plus précellent, plus beau, parachevé ou bien une perdition dans cette fusion. Et la question, à nouveau, est de l'accepter, même de la vouloir. Cet évanouissement de je dans cet êtreté, qui n'est pas je/tu mais qui serait A. Et comme le montre ce
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A
Je Tu |
Apophatique de tout ce qui n'est pas nous
NB.
Mon ego en noyade de nous. Je suis immergée dans un flot prolongé de bonheur intérieur. Je me perds dans cette félicité. Tu viens de m'appeler. Tu me dis comme une première fois je-t'aime et il n'y a plus autre chose, pas de contraire possible, il y a Un de nos je-t'aime. Nous sommes dvandvatita au-delà des contraires dans la réelle réalité où il n'y a plus besoin d'interprétation, dans la sécurité de l'absolu.
C'est beau ! cela serait-il suffisant ?
Lavandes doux si ciel et si mer ! La terre comme une griffure est blonde sous la peau violine aux senteurs si mauve, si lilas. Là, un arbre, chaton d'une bague cardinalice, c'est l'émeraude dansant devant la folie de l'archidiacre de Notre-Dame. Une bouffée d'air saoulante de lie-de-vin et ces deux touffes chaudes et rondes deviennent les ailes-seins de ce corps de lavande qui s'envole, planeur de rêves, vers la mer-ciel.
En vol, vol, volet, jalousies, pourquoi se glisser ainsi dans l'association de ce qui est interdit, à bannir ?
Je suis sur cette ligne d'horizon, blé ou miel, couchée, recouvrant le chant de mon amour qui raconte :
C'est l'histoire d'un homme qui connaît la lumière
C'est l'histoire de S. qui observe l'absolu
C'est l'histoire d'une rencontre
C'est l'histoire d'un homme qui reconnut S. et l'observe à son tour
C'est l'histoire d'un amour, d'un double don.
Il donna des paroles, miel et douces comme des loukoums ; S. donna son fiel et son sang. Le miel revivifia S., le sang attendrit l'homme.
Les deux êtres se transformèrent et comprirent comme le blond et le mauve, le clair et le sombre, le minéral et le végétal avec le trait qui sépare ciel et terre; et pourtant la cime de l'arbre appartient-il au ciel ou à la terre ?
Sur la ligne chemine l'azur, coiffe-tiare du subtil, de l'aérien, du libre, de l'impalpable, attestant de leur royauté au fil du vent sur le lac de lavandes où frissonne le silence. Il n'y a là que ton visage, j'ai soufflé les flocons de l'horizon enneigé, si blanc; j'ai effleuré ton souffle et j'ai tracé ces rides de ton regard fantomatique. Mon corps s'est longtemps abîmé au sourire de tes lèvres.
Le soleil s'est écarté, il n'y a pas d'ombre. mon dire a la saveur de fleurs s'émiettant, en instance d'odorance fétale. La brise s'est arrêtée devant mon regard qui contemple, mon dire en instance de rien, lesté seulement de ton désir de me lire. Je n'ai pas envie d'être là où tu n'es pas, ni dans l'ailleurs d'ailleurs. Je suis sur un quai de garde à vue sur toi. Les mots, ce soir me font mal de ton manque
Et-coeurée de toi
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Qu'est-ce ?
une couronne ?
oui !
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Où se trouve normalement une couronne ?
Sur la tête d'un roi.
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